Covid-19 : pourquoi de plus en plus de Français veulent-ils désormais se faire vacciner ?

Selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et "Le Figaro", 56% des Français ont l'intention de se faire vacciner contre le Covid-19. Ils n'étaient que 42% fin décembre. 

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Une personne se fait vacciner contre le Covid-19 à Périgueux (Dordogne), le 11 janvier 2021. (ROMAIN LONGIERAS / HANS LUCAS / AFP)

Ils étaient jusqu'à présent sceptiques, mais beaucoup changent peu à peu d'avis : 56% des Français veulent désormais se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et Le Figaro, publié jeudi 14 janvier. 

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Le chiffre est en hausse de 14 points par rapport au 23 décembre, date à laquelle 58% des Français assuraient ne pas vouloir se faire vacciner. Comment expliquer ce basculement de l'opinion ? Voici quelques éléments de réponse.

Parce que des personnalités ont appelé à se faire vacciner

Ce basculement est dû, selon le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) interrogé par RMC, à "un certain nombre de personnalités qui se sont fait vacciner". En effet, ces dernières semaines, de nombreuses célébrités se sont prononcées publiquement en faveur de la vaccination. "Nous nous engageons à nous faire vacciner dès que cela sera possible pour permettre un retour à la vie normale et à la tenue des compétitions sportives professionnelles et amateurs", défendaient par exemple le 13 janvier 130 personnalités du monde du sport comme le nageur Florent Manaudou, le footballeur Olivier Giroud ou le décathlonien Kevin Mayer.

Le 7 janvier, c'étaient 200 acteurs, musiciens ou encore directeurs de théâtre dont Arielle Dombasle, Daniel Auteuil, Nagui ou Grand Corps Malade qui lançaient dans Le Parisien un appel en faveur de la vaccination. Des personnalités du monde médical ont aussi indiqué qu'elles se faisaient vacciner, comme "les spécialistes Axel Kahn et René Frydman, la présentatrice de télévision Marina Carrère d'Encausse et le célèbre médecin Michel Cymes", cite Europe 1.

Parce que très peu d'effets secondaires graves ont été observés

"Au moment où la vaccination s'est concrètement mise en place en France et où elle a fait ses preuves sur des millions de personnes dans le monde, les doutes des Français se sont estompés", explique Gaël Sliman, président d'Odoxa, à franceinfo. En effet, selon la Haute Autorité de santé, les événements les plus fréquemment observés après la vaccination sont des douleurs au niveau de la piqûre, de la fatigue, des maux de tête ou encore des douleurs musculaires. "Mais ils sont généralement d'une intensité faible à modérée et disparaissent en un jour ou deux", vous explique notre article. En France, "six effets indésirables graves avec une évolution favorable" ont par ailleurs été observés, a ajouté le 14 janvier l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Il s'agit de "quatre cas de réactions allergiques et deux cas de tachycardie".

Etant donné qu'on "ne relève pas d'accident particulier, on voit une baisse de l'aversion à l'incertitude", explique Jocelyn Raude, enseignant-chercheur à l'Ecole des hautes études en santé publique à franceinfo. "C'est un grand classique, à chaque fois qu'il y a une innovation notamment technologique, cela génère des inquiétudes. On ne comprend pas tout, on n'a pas de recul face à la nouveauté et cela déclenche une méfiance", continue-t-il.

"Au fur et à mesure que la nouveauté se déploie et qu'on ne voit pas de grande problématique émerger, la méfiance baisse. Depuis trois semaines, on est dans une dynamique positive."

Jocelyn Raude, chercheur en psychologie sociale

à franceinfo

Pour le chercheur, "il est probable que le taux de Français favorables augmente" encore dans les prochaines semaines. "Le seul élément qui pourrait refroidir cette intention vaccinale serait la découverte d'effets secondaires graves", poursuit-il.

Parce que tout le monde ne peut pas encore être vacciné

"Je veux être vacciné maintenant !" Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs expriment leur hâte. Selon notre sondage, la campagne de vaccination est jugée trop lente, créant de la "frustration", explique Angela Sutan, chercheuse en économie expérimentale, spécialiste du comportement à la Burgundy School of Business à l'Obs (article payant). "Je veux ce que je ne peux pas avoir, même si je n'en voulais pas. C'est un effet collatéral positif de la lenteur française", explique-t-elle. Ainsi les Français "estiment qu'ils devraient avoir l'option de se faire vacciner immédiatement, même s'ils ne comptent pas forcément le faire".

Parce que plus il y a de vaccinés, plus on veut l'être

Angela Sutan évoque également le "désir mimétique". "En sciences comportementales, on appelle ça l'adoption de la norme. C'est 'je veux faire comme l'autre parce que je l'envie'", explique-t-elle. Le sondage publié le 14 janvier vient confirmer cet élément de réponse puisque 23% des personnes qui ne souhaitent pas encore se faire vacciner déclarent qu'elles seraient plus incitées à franchir le pas si de nombreuses personnes en France et autour d'elles le faisaient avant elles.

Parce que l'épidémie est repartie à la hausse

Alors que le taux de positivité des tests de dépistage du Covid-19 réalisés en France est reparti à la hausse depuis la fin décembre, les discours sur la question vaccinale ont changé, selon Jocelyn Raude. "Dans le débat public, jusqu'au mois de décembre on entendait beaucoup parler des risques du vaccin, des effets secondaires", constate-t-il. Le nombre des cas était alors en baisse. "Les gens se disaient : 'Est-ce que je vais prendre un vaccin dont je ne sais rien si l'épidémie recule ?'". 

Mais depuis début janvier, "il y a eu une prise de conscience des bénéfices que pouvait avoir ce vaccin. Cette dimension avait jusqu'à présent été un petit peu oubliée dans l'équation", retrace le chercheur.

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