Covid-19 : ne pas parvenir à l'immunité collective en 2021 "ne doit pas remettre en cause l'intérêt de cette vaccination", défend Odile Launay

L'immunité collective contre le Covid-19 ne sera pas atteinte cette année, a averti l'Organisation mondiale de la santé. Il faudrait "60% de la population immunisée", convient l'infectiologue. Mais la vaccination évitera un surencombrement des hôpitaux et donc un reconfinement, plaide-t-elle.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Odile Launay (FRANCEINFO)

L'infectiologue Odile Launay ne contredit pas l'assertion de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Nous n'arriverons pas à une immunité collective cette année. Mais la scientifique, membre du comité vaccin Covid19, insiste sur la nécessaire campagne de vaccination. "Tout est fait pour vacciner très vite dans la mesure des doses disponibles, en priorisant vraiment les facteurs les plus à risque et bien sûr les soignants", explique-t-elle mardi 12 janvier sur franceinfo. Le premier objectf est d'éviter un reconfinement, souligne-t-elle.

franceinfo : On n'arrivera pas au taux d'immunité collective en 2021 affirme l'OMS, c'est aussi le constat que vous faites ?

On n'y arrivera pas probablement cette année car il faudrait 60% de la population immunisée, à la fois les gens qui ont déjà rencontré le virus et ceux qui ont été vaccinés. Je pense que ça, ça ne doit pas remettre en cause l'intérêt de cette vaccination, si on arrive à vacciner très largement les personnes les plus à risque de faire des formes graves. Même si on n'a pas cette immunité collective, on va avoir bien sûr une efficacité sur le risque d'encombrement de nos hôpitaux. Et quelque part, ça devrait permettre d'éviter de nouveaux confinements et finalement, des mesures qui sont aujourd'hui très handicapantes, à la fois pour l'économie, mais aussi pour nos vies familiale et sociale.

Comment expliquer les disparités entre régions concernant les vaccinations ?

On ne peut pas faire de conclusions sur une campagne qui vient vraiment de commencer de façon importante, c'est un peu prématuré. Cela dépend des densités de populations, des possibilités de vacciner dans les centres de vaccinations qui ont été mis en place. Objectivement, c'est trop tôt pour tirer des conclusions. Tout le monde est extrêmement mobilisé, à la fois des ARS, des départements, des villes, des médecins. Je dois dire que je trouve que les médecins sont extrêmement répondeurs, répondent extrêmement bien et très vite à cette demande. Nous, on a sollicité des étudiants, des internes, des médecins qui ont accepté de donner du temps en plus.

"Les choses ne peuvent pas aller plus vite et c'est en train de s'intensifier de façon extrêmement rapide et tout à fait adaptée."

Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid19

à franceinfo

Vacciner en priorité les personnes de plus de 65 ans, c'est une nécessité ?

Ça va être dans un premier temps les personnes de plus de 75 ans qui vont être invitées à se vacciner dès cette semaine. C'est une nécessité puisque ce sont les personnes qui sont le plus à risque de faire des formes sévères et de décéder de cette maladie. C'est vraiment urgent. Il faut, je pense, respecter la priorité parce que pour l'instant, le nombre de doses reste limité. Donc, il faut tout faire pour vacciner en priorité les plus à risque mais en utilisant toutes les doses qui vont être disponibles dans le courant du mois de janvier. Je crois qu'aujourd'hui, tout est fait pour qu'on puisse vacciner très vite dans la mesure des doses disponibles, en priorisant vraiment les facteurs les plus à risque et bien sûr les soignants, puisqu'ils sont indispensables dans cette période avec l'inquiétude d'avoir une troisième vague en particulier avec ce nouveau variant qui est très contagieux.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.