Covid-19 : le plan de vaccination présenté par Jean Castex "est cohérent", estime le syndicat MG France

Jacques Battistoni, médecin et président du syndicat juge logique de vacciner d'abord les résidents d'Ehpad. Selon lui, les généralistes ne seront pas débordés : "La charge de travail est tout à fait raisonnable".

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Radio France
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Jean Castex, le Premier ministre, présente la stratégie vaccinale du gouvernement devant l'Assemblée nationale, mercredi 16 décembre. (MOHAMMED BADRA / EPA)

Les premières vaccinations contre le Covid-19 débuteront "dès la dernière semaine de décembre" a annoncé Jean Castex, mercredi 16 décembre, devant les députés. La première phase s'adressera aux personnes les plus âgées accueillies dans "des établissements comme les Ehpad", a précisé le Premier ministre. "C'est un plan cohérent", a commenté sur franceinfo Jacques Battistoni, médecin, président du syndicat de généralistes MG France. "On sait que les patients dans les Ehpad ont payé le plus lourd tribut à la maladie. Donc, il est logique de les protéger en premier", a-t-il ajouté.

franceinfo : Ce plan de vaccination contre le Covid-19 annoncé par Jean Castex vous paraît-il cohérent ?

Jacques Battistoni : Il est cohérent, à notre avis. Il s'adresse en priorité aux personnes les plus vulnérables, les plus à risque. On sait que les patients dans les Ehpad ont payé le plus lourd tribut à la maladie. Donc, il est logique de les protéger en premier et c'est ce que nous allons faire dans les Ehpad au cours du mois de janvier et jusqu'au début du mois de février.

Est-ce que vous en savez plus sur la façon dont vous, les médecins généralistes, allaient être associés à cette campagne de vaccination ?

Oui, on commence à y voir clair. L'État va avoir pour rôle d'acheminer les vaccins, les distribuer dans les centres qui bénéficieront d'un congélateur pour permettre de les stocker. De là, les pharmaciens les mettront à disposition des établissements et des Ehpad, notamment. Et c'est à cet endroit-là que les médecins généralistes et les médecins traitants viendront vacciner leurs patients ou les feront faire par le personnel infirmier de ces Ehpad.

Ce qu'on sait, c'est qu'une fois que le vaccin est sorti de ces conditions de conservation à moins 70 degrés, il peut être utilisé pendant cinq à six jours. Et donc, il va falloir aller vite.

Jacques Battistoni

à franceinfo

Simplement, il va falloir être capable de commander le nombre de vaccins nécessaires, l'acheminer rapidement auprès des centres de vaccination, des lieux de vaccination. Et là, il faudra simplement faire vite. On a cinq ou six jours pour vacciner. C'est tout à fait raisonnable.

Vous allez gérer ça au niveau des généralistes. Il n'y a pas un risque de surcharge de travail entre la campagne de vaccination et les rendez-vous habituels ?

Je crois qu'il faut qu'on rassure la population.Tous les ans et jusqu'à il y a quelques années, on vaccinait la totalité de la population qui désirait se faire vacciner contre la grippe et on le faisait sans surcharge de travail excessive. Aujourd'hui, la vaccination dans les Ehpad, si on considère qu'il y a un million de personnes à vacciner, il y a 50 000 médecins généralistes environ en exercice, ça fait une vingtaine de patients à faire pendant un mois. Un rapide calcul nous montre que ce n'est pas très difficile et ensuite, les autres personnes seront vaccinées progressivement au fil des mois. La charge de travail est tout à fait raisonnable.

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