Covid-19 : le CHU de Martinique reste dans une "situation de tension extrême"

"On estime le taux de soignants vaccinés inférieur à 30%", déplore Benjamin Garel, directeur du CHU de Martinique à Fort-de-France.

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Radio France
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Un membre du personnel médical s'occupe d'un patient Covid-19 sous assistance respiratoire, dans une chambre du service de réanimation du centre hospitalier universitaire (CHU) Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, sur l'île française de la Martinique, dans les Caraïbes, le 29 août 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le CHU de Martinique reste dans une "situation de tension extrême" avec la crise sanitaire, indique Benjamin Garel, directeur de l'établissement à Fort-de-France, mercredi 22 septembre sur franceinfo. L'incidence reste très élevée, autour de 200 pour 100.000 habitants en Martinique et "on estime le taux de soignants vaccinés inférieur à 30%", déplore le directeur.

franceinfo : La situation sanitaire est-elle tout de même en train de s'améliorer dans le département ?

Oui, nous avions des patients qui relevaient de réanimation, qui étaient hospitalisés dans des services classiques. Ça, c'est quelque chose qui a totalement disparu. Maintenant, tous les patients relevant de réanimation sont en réanimation. En revanche, on reste dans une situation de tension extrême. Un exemple, d'habitude nous avons 26 lits de réanimation et actuellement, il y en a plus de 93 qui sont encore ouverts.

Existe-t-il un regain d'intérêt pour la vaccination en Martinique ?

Il y avait un vrai regain pour la vaccination pendant cette [4e] vague qui a été vraiment dramatique en Martinique et où il y a eu beaucoup de morts. En revanche, ce qu'on voit, c'est que sur ces derniers jours, ce regain d'intérêt est en train de s'effriter à très grande vitesse. Tout le monde a l'impression que l'on peut tourner la page alors que l'on a une incidence en Martinique qui reste très élevée autour de 200 pour 100.000 habitants et encore des cas graves qui arrivent à l'hôpital, de nouveaux cas de personnes jeunes hospitalisées directement en réanimation. Il y a une vraie peur du vaccin. Pour certains, il y a une défiance totale vis-à-vis du discours des institutions et il y a effectivement un rejet total et très fortement exprimé par les organisations syndicales de cette obligation vaccinale.

Et la vaccination chez les soignants, qui va devenir obligatoire le 11 octobre en Martinique, est-elle en augmentation ?

Il n'y a pas de regain au niveau des soignants. On estime le taux de soignants vaccinés inférieur à 30%. Nous sommes en grande difficulté. On va essayer de surmonter cette difficulté. Il y a ce rejet total de cette obligation vaccinale. Heureusement, il y a toujours plus de 200 soignants venus de métropole qui sont toujours sur place pour nous aider. Sans ces renforts, on n'arriverait pas à tenir 93 lits de réanimation. Et actuellement, on voit que les autres pathologies autres que le Covid-19 repartent très fort. Et actuellement, la situation sur l'hôpital est extrêmement tendue entre cette baisse pas aussi rapide qu'on le voudrait sur le Covid et cette augmentation très forte des autres pathologies.

Il est donc important de maintenir les restrictions sanitaires sur l'île notamment le couvre-feu ?

On est face à une épidémie de variant Delta qui est en baisse, mais qui pourrait très vite repartir. Si on avait une baisse des mesures, nous, l'hôpital, on ne serait absolument pas en capacité de faire face à une reprise de l'épidémie.

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