Covid-19: la vaccination ne suffira pas pour éviter un bond des hospitalisations en France, selon une étude

Ce rebond attendu des hospitalisations, en légère baisse depuis début février, est lié à la progression du variant d'origine britannique du coronavirus, qui devrait représenter 56% des nouveaux cas dès le 1er mars.

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Dans un centre de vaccination à l'hôpital de Dunkerque, le 17 février 2021. (DENIS CHARLET / AFP)

La progression de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France ne permettra pas, sans restrictions supplémentaires, d'éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la première vague, estime une étude de l'Institut Pasteur, publiée mercredi 24 février.

Ce rebond des hospitalisations, en légère baisse depuis début février, serait lié à la progression du variant d'origine britannique du coronavirus, estimé 50% plus contagieux que la souche historique. Il devrait représenter la majorité (56%) des nouveaux cas dès le 1er mars et la quasi-totalité (91%) un mois plus tard, selon les modélisations des chercheurs.

Jusqu'à 4 500 hospitalisations par jour

Dans l'hypothèse où 100 000 doses de vaccins par jour seraient distribuées jusqu'en avril, puis 200 000 par la suite, "on s'attend à avoir 28% d'hospitalisations en moins au 1er avril, et 46% au 1er mai", par rapport à un scénario où on n'aurait pas de vaccin disponible, explique Simon Cauchemez, responsable des modélisations mathématiques des maladies infectieuses à l'institut. "On voit que la vaccination" a un réel "impact sur le système de santé", observe-t-il. Mais même si elle "réussit très fortement à atténuer l'impact des variants", la situation restera "compliquée sans réduction supplémentaire des taux de transmission".

Si le calendrier de ce nouveau pic est difficile à prévoir, "dans la majorité des scénarios on s'attend à ce qu'il y ait une reprise". Le nombre de nouvelles hospitalisations pourrait frôler 4 500 par jour, contre environ 3 750 au pic de la première vague, et un peu plus de 2 500 pour la deuxième. Sur les sept derniers jours, les hôpitaux français ont enregistré 9 362 hospitalisations selon Santé publique France, soit une moyenne de 1 337 par jour.

Des approches "insuffisantes contre le variant britannique"

Pour éviter cette situation, "on a des approches qui marchent bien contre le virus historique, mais qui risquent d'être insuffisantes contre le variant britannique", estime Simon Cauchemez, évoquant notamment le couvre-feu, instauré à 20 heures en décembre avant d'être avancé à 18 heures en janvier.

Alors que le gouvernement a annoncé un confinement localisé le week-end dans les Alpes-Maritimes et à Dunkerque, l'équipe de chercheurs ne se prononce pas sur l'efficacité de telle ou telle mesure. Mais elle constate qu'"atteindre des réductions importantes du taux de transmission permettrait d'écraser la dynamique de l'épidémie et d'avoir un redémarrage plus tard, à un moment où plus de monde sera vacciné".

Dans une autre étude, l'Institut Pasteur estime par ailleurs qu'environ 17% de la population adulte a désormais été infectée par le virus Sars-CoV-2 et donc "pourrait avoir acquis une immunité [au moins partielle et de court terme]". Ce taux varie fortement selon les régions, de quelque 5% en Bretagne à 30% en Ile-de-France. Proche de 25% chez les 20-39 ans, il décroît ensuite avec l'âge, jusqu'à environ 11% chez les plus de 70 ans.

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