Covid-19 : la vaccination des personnes obèses va leur permettre "d'arrêter de vivre avec la peur au ventre", selon un collectif

"Il y a plein de gens qui ne sortent plus de chez eux du tout, de peur de choper le Covid", rapporte  Anne-Sophie Joly, présidente du collectif national des associations d’obèses.

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Radio France
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Les personnes souffrant d'obésité vont pouvoir bénéficier du vaccin contre le Covid mi-mai (illustration). (CYRIL SOLLIER / MAXPPP)

"Il y a plein de gens qui ne sortent plus de chez eux du tout, de peur de choper le Covid", a assuré vendredi 23 avril à franceinfo, Anne-Sophie Joly, présidente du collectif national des associations d’obèses, alors qu'Olivier Véran a annoncé la possibilité de "démarrer d'ici la mi-mai" la vaccination des personnes souffrant d'obésité, lors du point presse du gouvernement sur la situation sanitaire jeudi.

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franceinfo : C'est une satisfaction pour vous de voir que la porte de la vaccination s'entrouvre pour les personnes obèses ?

Anne-Sophie Joly : C'est effectivement une satisfaction, elle sera complète quand on aura l'accord définitif de la vaccination. Mais il faut protéger effectivement les personnes les plus vulnérables. Et malheureusement, les chiffres de Santé publique France révèlent que nous sommes en grande vulnérabilité parce que 47 % de notre population occupe la réanimation, à notre plus grand regret, et 40 % des décès sont des personnes qui ont des problématiques de poids qu'importe l'âge.

Actuellement, près de la moitié des patients admis en réanimation en raison du Covid-19 sont en surpoids ou obèses. Cela semble logique, donc, de protéger cette population maintenant que la vaccination des personnes les plus âgées est bien avancée. On n'aurait pas plus aller plus vite ?

Oui, mais il y a quelque chose qu'on ne contrôle pas, malheureusement, c'est l'accès aux vaccins. Tous les vétérinaires le disent et les sociétés savantes aussi, ça risque de ne pas être la dernière pandémie. Mais si on avait fait de la prévention, on n'aurait peut-être pas eu 100 000 morts, c'est à dire qu'il faut tirer des leçons de ce qui est en train de se passer. Il faut protéger un maximum la population, mais il faut qu'on soit tous acteurs de cette protection et cela passe par nos consommations, ça passe par nos actions, ça passe par une alimentation qui soit de court-circuit et qui soit meilleure, et ça passe par une activité physique qui est nécessaire. Et dès qu'on sera déconfiné, le fait de bouger son corps, ça peut être jardiner, se promener ou danser jusqu'à pas d'heure, vous êtes en activité physique.

Pour toutes ces personnes qui vivent un peu recluses, ça va être quand même l'occasion de voir la lumière au bout du tunnel, de revivre un peu normalement dès que la vaccination sera là ?

Et peut-être d'arrêter de vivre avec la peur au ventre parce qu'il y a plein de gens qui ne sortent plus de chez eux du tout, de peur de choper le Covid. Et puis, d'un autre côté, il y a aussi le bien-être mental, parce que quand vous êtes enfermé chez vous, vous êtes enfermé dans votre prison dorée à vous. Et ça, c'est aussi dangereux. Et on a aussi beaucoup de retard de diagnostic. On est à moins 40 % de consultations chez le médecin généraliste et à moins 60 % de consultations chez le médecin spécialiste. Donc, on a des retards de diagnostics et ça, effectivement, on va avoir un deuxième effet Kiss cool, pas cool.

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