Covid-19 : la vaccination des enfants "n'est pas d'actualité", selon l'infectiologue Benjamin Davido

"Peut-être un jour faudra-t-il vacciner les enfants" contre le Covid-19, a déclaré au journal "Le Parisien" le professeur Alain Fischer, le "monsieur vaccin" du gouvernement.

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Radio France
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Une soignante prépare un vaccin contre Covid-19, au Palais des Sports de Lyon, le 14 janvier 2021. Photo d'illustration. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Vacciner les enfants contre le Covid-19 est une possibilité que n'écarte pas le professeur Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. Une déclaration faite par le "monsieur vaccin" du gouvernement dans le journal Le Parisien (article réservé aux abonnés). "Ce n'est pas d'actualité", a réagi le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, sur franceinfo samedi 16 janvier.

franceinfo : Est-ce une bonne idée de vacciner les enfants ?

Benjamin Davido : Ce n'est pas d'actualité. On n'a beaucoup plus de chances de faire une forme grave, et de se retrouver à l'hôpital, lorsqu'on est âgé ou jeune avec des comorbidités. Au-delà du nombre de vaccins, il manque une information capitale sur le blocage de la transmission du virus. Aujourd'hui, on ne sait pas très bien encore si lorsqu'on est vacciné on transmet le virus. Il est probable que cela ralentisse la transmission, que l'on soit contagieux moins longtemps, mais on voit bien que ces stratégies ne peuvent pas s'appliquer en l'absence de données scientifiques. Toutes les études sont faites chez les adultes et nous n'avons pas de données chez la femme enceinte et encore moins chez les enfants.

La vaccination des plus de 75 ans va commencer dès lundi. Redoutez-vous une réticence des plus âgés ?

Non, il y a une adhésion assez importante qui ne cesse de croître, il y a un effet domino face au vaccin. On a les premières données françaises et on s'aperçoit que le vaccin est bien toléré, que les données sont rassurantes. Il y a une sorte d'engouement qui est probablement dû au fait que l'on désire ce que l'on n'a pas. C'est un vaccin qui existe en quantités limitées, cela va prendre du temps et c'est la seule façon de se sortir de cette pandémie. Donc, plus vite on aura vacciné, plus vite on pourra récupérer un semblant de monde d'avant.

Au niveau de l'évolution de l'épidémie, risque-t-on de se trouver dans la même situation que la Grande-Bretagne ?

Malheureusement, il n'y a pas de raison qu'on ne se retrouve pas dans une situation qui est la même que dans le reste de l'Europe. Il y a ce variant anglais et il y en a d'autres. De plus, la saison hivernale fait qu'on risque de se retrouver avec une accumulation de formes graves à l'hôpital, et avec une diffusion souvent par les plus jeunes de façon asymptomatiques de ces variants qui se transmettent mieux, et donc, à une augmentation des cas. On va avoir des données de transmission grâce à Israël qui a vacciné massivement pour savoir s'il y a un intérêt à vacciner les plus jeunes, les 18-30 ans, pour freiner la dynamique de la transmission du virus.

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