La vaccination contre le Covid-19 des soignants de plus de 50 ans débute à Paris : "On est directement au front", justifie un infectiologue

En tout, la France compte 1 200 000 soignants de plus de 50 ans.

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Radio France
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Une dose du vaccin de Pfizer / BioNTech, dans un Ehpad de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 30 décembre 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 des soignants de plus de 50 ans doit officiellement commencer lundi 4 janvier 2021 en France, certains sont vaccinés depuis vendredi 1er janvier en Île-de-France. Le coup d'envoi a été donné vendredi à l'hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a indiqué sur Twitter le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique-hôpitaux de Paris) Martin Hirsch.

Samedi 2 janvier, la campagne de vaccination a démarré à l'Hôtel Dieu à Paris. À 15h30, une trentaine de soignants de plus de 50 ans s'étaient fait vacciner, dans un box aménagé spécialement au sein des urgences, a constaté la journaliste de franceinfo sur place. Parmi les premiers vaccinés figurent la présidente de la commission médicale de cet hôpital, le professeur Poyart, qui a dit sa "fierté", mais aussi le docteur Patrick Bouet, président de l'Ordre des médecins.

Martin Hirsch a précisé que tous les soignants de plus de 50 ans pourraient venir se faire vacciner sur rendez-vous, y compris les libéraux, ceux qui ne travaillent pas à l'hôpital, comme les pharmaciens.

"On a besoin de ces forces vives, car la deuxième vague est loin d'être terminée"

"On est directement au front, on est à risque", a expliqué samedi 2 janvier sur franceinfo Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. "Plus on est âgé, plus on a de comorbidités", explique le médecin, qui assure que la campagne va s'élargir à tous les soignants quel que soit leur âge, d'ici quelques jours. "On a besoin de ces forces vives, car la deuxième vague est loin d'être terminée", estime le médecin.

"Il faut plusieurs semaines pour développer une immunité. Il faut être capable de monter en puissance, on va avoir besoin très rapidement que le maximum de personnes fragiles soient vaccinées."

Benjamin Davido

à franceinfo

D'après lui, cette anticipation par rapport au calendrier prévu par le gouvernement doit guider la stratégie vaccinale à l'échelle du pays. "Le plus vite on vaccinera, le plus vite on évitera des variations [du coronavirus] comme en Angleterre. Il nous faut changer radicalement de stratégie, il faut sortir de l'hôpital, demain il faut mettre en place des structures comme avec le virus H1N1, avec des volontaires pour vacciner à grande échelles", assure Benjamin Davido.

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