Covid-19 : l'accès aux vaccins plus difficile pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques

Souvent isolées, ces personnes, dont la capacité à prendre des décisions peut être altérée, ne bénéficient pas toujours d'un suivi médical régulier.

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Une femme arrive au palais des sports de Gerland, transformé en vaccinodrome, à Lyon (Rhône), le 23 avril 2021. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Prioritaires depuis le mois de mars pour se faire vacciner contre le Covid-19, les personnes de plus de 50 ans atteintes de troubles psychiatriques se heurtent à des difficultés pour prendre rendez-vous. Un éloignement des médecins généralistes et une information incomplète sont en partie en cause.

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Souvent isolées, ces personnes, dont la capacité à prendre des décisions peut être altérée, ne bénéficient pas toujours d'un suivi médical régulier."Beaucoup n'ont pas de médecin traitant. Elles ne peuvent ainsi pas savoir qu'elles sont prioritaires pour le vaccin", constate Marie-Jeanne Richard, présidente de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam). Les psychiatres sont souvent amenés à prendre le relais pour recenser et faire vacciner les patients qui ne vivent pas dans un établissement médical.

"Nous pouvons leur faire des ordonnances. Quand ils ne sont pas en mesure de se déplacer, nous prenons rendez-vous à leur place et les accompagnons chez le médecin ou en pharmacie. C'est un vrai travail sur mesure", résume Radoine Haoui, psychiatre au centre hospitalier Gérard-Marchant à Toulouse.

Mise à jour tardive de la liste et crainte de la "stigmatisation"

Après l'autorisation des autorités sanitaires, la mise à jour de la liste des personnes éligibles aux vaccins a tardé sur l'application TousAntiCovid et "Doctolib a mis longtemps à mentionner les patients atteints de troubles psychiatriques pour prendre un rendez-vous. Certains se sont ainsi fait refouler", raconte le psychiatre toulousain.

Autre obstacle relevé par les associations de personnes atteintes de troubles psychiatriques : bien que leur vulnérabilité soit reconnue, elles redoutent une "stigmatisation". "C'est compliqué de se rendre dans un vaccinodrome avec un certificat sur lequel il est écrit qu'elles sont atteintes de troubles psychologiques", explique la présidente de l'Unafam.

Au-delà de ces freins à la vaccination, les personnes atteintes de troubles psychiatriques et leurs proches regrettent qu'un seuil de 50 ans ait été fixé pour recevoir le vaccin, au même titre que pour d'autres pathologies, comme le diabète ou l'hypertension.

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