Covid-19 : "Il n'est pas impossible qu'une dose additionnelle soit requise pour les populations les plus jeunes", estime un médecin

Le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne), estime qu'il est probable qu'une "dose additionnelle" de vaccin soit nécessaire pour les plus jeunes, mais "pas à l'heure actuelle".

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Radio France
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Le professeur Jean-Daniel Lelièvre était l'invité du "8h30 franceinfo" le mardi 22 décembre.   (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Il n'est pas impossible qu'une dose additionnelle de vaccin soit requise pour les populations les plus jeunes", a estimé ce lundi sur franceinfo le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne) et spécialiste de la vaccination à la Haute Autorité de Santé et auprès de l’OMS, alors qu'une vaste étude française démontre une efficacité à 90 % contre les formes graves de la maladie dans les cinq mois après la seconde injection. "La préoccupation est de savoir quelle est l'efficacité après cinq mois, six mois, sept mois, huit mois", a nuancé le professeur.

franceinfo : Est-ce qu'au regard de cette étude, au regard du taux de vaccination en France, on est en mesure de dire qu'on est à l'abri d'une nouvelle vague épidémique qui submergerait les hôpitaux ?

Jean-Daniel Lelièvre : Les résultats de cette étude sont tout à fait remarquables et montrent une efficacité des vaccins qui est très forte et qui persiste jusqu'à cinq mois. Cette étude vient conforter d'autres résultats obtenus aux États-Unis ou en Israël et les résultats sont très intéressants. Malheureusement, nous avons seulement un recul de cinq mois. Il y a une efficacité initiale du vaccin qui est très forte. La préoccupation à l'heure actuelle est de savoir quelle est l'efficacité après cinq mois, six mois, sept mois, huit mois. Et là, des premiers chiffres obtenus dans des études, notamment aux États-Unis, montrent une érosion. Il est donc important de regarder ce qui se passe un peu plus tardivement pour être sûr que, effectivement, il n'y ait pas de réapparition de problématique avec ce virus dans les mois à venir.

Cette érosion que vous mentionnez rend-elle imaginable une troisième dose pour toute la population ?

À l'heure actuelle, pour tout le monde, non. Les résultats sont suffisamment forts et suffisamment intéressants pour montrer qu'il n'y a pas besoin de faire une troisième dose à l'ensemble de la population. Pour les gens les plus fragiles, les gens les plus âgés, oui. Mais attention, il va falloir regarder l'évolution de l'épidémie. Il n'est pas impossible qu'une dose additionnelle soit requise pour les populations les plus jeunes. Pas à l'heure actuelle, mais c'est difficile de dire ce qui se passera, par exemple, au début de l'année 2022. 

Peut-on donc imaginer une quatrième dose, et ainsi quelque chose qui s'installera dans le temps ?

Ça dépend ce qu'on appelle une troisième dose et une quatrième dose. Ce qu'il faut savoir, c'est que cette dose, qu'on appelle une dose de rappel, vient stimuler des populations immunitaires qui sont un petit peu différentes. Cela amplifie de manière très importante l'efficacité du vaccin, c'est-à-dire que l'efficacité n'est pas la même que les deux premières. Il faut imaginer quelque chose qui va être beaucoup plus puissant et qui va durer beaucoup plus longtemps dans le temps. Donc, ce qui ferait qu'on aurait besoin d'une nouvelle dose dans les six mois après cette troisième dose serait l'apparition d'un variant complètement différent et très résistant à la réponse induite par le vaccin. Ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. Nous pouvons donc penser que l'efficacité de cette troisième dose va durer beaucoup plus longtemps que ce que l'on voit avec les deux premières doses, qui semblent déjà être d'une efficacité qui se prolonge dans le temps.

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