Covid-19 : "Il faudra arriver à cette obligation vaccinale" des soignants, estime un responsable de la Confédération des syndicats médicaux français

"On a été incitatif, on a essayé de convaincre, et pour les gens que l’on n’a pas pu convaincre, je pense qu’il faudra arriver à cette obligation vaccinale dans l’intérêt de la population générale", déclare le Dr Luc Duquesnel.

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Radio France
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Dans certains CHU, des soignants arborent leur vaccination. (Illustration) (PHILIPPE THOMAIN / RADIO FRANCE)

Le médecin Luc Duquesnel, président de la branche généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), se fait l'écho des propos tenus quelques heures plus tôt par le professeur Delfraissy sur France Inter"Il faudra arriver à cette obligation vaccinale" des soignants "dans l’intérêt de la population générale", déclare-t-il sur franceinfo. Les réouvertures à jauge pleine se poursuivent en France mais le variant Delta continue sa progression, au contraire de la vaccination.

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franceinfo : Avec les différentes réouvertures aujourd’hui, prend-on les bonnes mesures au bon moment ?

Luc Duquesnel : Oui. On voit que la crise sanitaire s’est nettement améliorée en France, et puis, c’est important aussi d’envoyer un certain nombre de messages positifs à la population et tout particulièrement à celle qui a fait l’effort de se vacciner, soit pour elle-même, soit pour les autres ou les deux. On voit que ce n’est pas la vie d’avant qui reprend, puisque pour les festivals de plus de 1 000 personnes par exemple, il faudra un pass sanitaire. Je crois que les consignes sont suffisamment claires, on sort d’une période où le masque était obligatoire, on voit des gens qui sortent dans la rue, entrent dans un commerce et disent : "Zut, j’ai oublié mon masque". Donc, c’est vrai que là, ça va être un peu plus compliqué. Ça permet quand même de rappeler à tout le monde que la crise sanitaire est toujours là, qu’il y a toujours un risque d’une reprise épidémique à l’automne, raison pour laquelle il faut relancer la vaccination qui ralentit aujourd’hui. On fait toujours autant de vaccins, mais ce sont beaucoup de rappels et pas des primo-injections.

Le professeur Jean-François Delfraissy a dit sur France Inter, qu’il fallait envisager de rendre obligatoire la vaccination des soignants, en particulier dans les Ehpad. Qu'en pensez-vous ?

Je partage son avis. Ça ne fait jamais plaisir à personne les mesures coercitives. Aujourd’hui, se dire qu’il n’y a que 57 % des professionnels de santé dans les Ehpad qui sont vaccinés, c’est difficilement compréhensible quand on est professionnel de santé, qu’on soit médecin, infirmière ou aide-soignant, peu importe…

"Le but, c’est de ne pas prendre le risque de contaminer des personnes dont on est en charge de la santé."

Dr Luc Duquesnel, président de la branche généralistes de la CSMF

à franceinfo

Donc aujourd’hui, très clairement, dans des Ehpad, on fait courir le risque de recontaminer des personnes âgées. Ce sont les plus fragiles, celles que l’on a vaccinées dès le mois de janvier et dont l’immunité va être probablement la plus courte, raison pour laquelle on sera peut-être amené à leur faire un deuxième rappel avant l’hiver. On a été incitatif, on a essayé de convaincre, et pour les gens que l’on n’a pas pu convaincre, je pense qu’il faudra arriver à cette obligation vaccinale dans l’intérêt de la population générale.

Comment peut-on arriver à vacciner plus ? De quels leviers disposons-nous ?

Il n’y en a pas qu’un, il y en a plein. Premièrement, le fait d’avoir pris des mesures pour permettre de faire des rappels entre 21 et 49 jours. Deuxièmement, ce pass sanitaire, qui fait que l’on aura accès à certains spectacles, à des événements culturels, sportifs. Et puis, ensuite, il faut nous permettre à nous, aux médecins généralistes, d’avoir les listes de nos patients non vaccinés, afin de les appeler, de les inciter, de faire des téléconsultations… Il y a très peu de patients anti-vaccins. Par contre, il y a plusieurs patients qui se disent, par exemple, qu’ils ne se feront vacciner qu’à l’automne. C’est très important de les appeler.

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