Covid-19 : en pharmacie, la vaccination "démarre lentement mais on a la capacité de faire plus", assure les syndicats de pharmaciens

Pour le moment seules les officines situées dans les départements "sous surveillance" ont reçu des doses de vaccin. Les autres seront livrées le 18 ou 19 mars, indique Gilles Bonnefond, pharmacien à Montélimar.

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Un pharmacien injecte une dose de vaccin contre le Covid-19 à un patient, à Paris, le 12 mars 2021. (MARTIN BUREAU / AFP)

Les pharmaciens peuvent prescrire et injecter les vaccins contre le Covid-19 depuis une semaine mais pour le moment seules 67 000 officines ont reçu des doses. Elles sont situées dans "les départements sous surveillance", précise le ministère de la Santé. "Nous avons eu un flacon [du vaccin d'AstraZeneca] ce jeudi et on a déjà injecté ces vaccins à 10 ou 11 patients dès ce vendredi matin", indique sur franceinfo Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d'officine et pharmacien à Montélimar (Drôme).

franceinfo : Pourquoi le démarrage de la vaccination est-il aussi lent dans les pharmacies ?

D'abord parce que la livraison des vaccins pour tous les départements dans les pharmacies n'arrivera que la semaine prochaine, donc le 18 ou le 19 mars. Les pharmaciens recevront deux flacons, ce qui veut dire 20 ou 22 doses. Par contre, dans certaines pharmacies, on a eu un démarrage cette semaine dans les 18 départements où le virus circule beaucoup. Nous avons eu un flacon ce jeudi et on a déjà injecté ces vaccins à 10 ou 11 patients dès ce vendredi matin. Et les patients ont été ravis.

Dix vaccinations par semaine, ou même vingt à partir de la semaine prochaine, cela ne fait pas beaucoup ?

Ce n'est pas beaucoup. Cela démarre lentement. Dans les pharmacies, on a vacciné 1,3 millions de personnes contre la grippe la première semaine [de vaccination]. Donc on a la capacité de faire plus, sans aucun problème.

Le tout, c'est d'avoir des doses. Ce vaccin n'est pas très compliqué.

Gilles Bonnefond

à franceinfo

Et puis les gens prennent rendez-vous, c'est plus facile que pour le vaccin de la grippe puisque là, il y avait des personnes qui venaient sans rendez-vous. Là, on prend rendez vous en une matinée sans aucun problème, les dix personnes sont vaccinées et c'est un petit peu plus facile pour s'organiser dans les plannings de la pharmacie. Cela demande du travail, bien évidemment, mais tout cela est parfaitement absorbable par l'équipe officinale.

Qui a le droit de se faire vacciner en pharmacie ?

Il y a plusieurs conditions. D'abord, le vaccin d'AstraZeneca est privilégié pour les patients de 50 à 74 ans, à condition d'avoir des risques de comorbidité. On connaît les patients, on sait exactement s'ils sont diabétiques et s'ils sont hypertendus. S'ils ont des traits de pathologie, ça nous permet de sélectionner des patients : ceux qui ont entre 50 et 74 ans et pas de risque de commorbidités doivent attendre encore mi-avril pour se faire vacciner. Et puis, il y a les patients de plus de 75 ans, quelle que soit leur situation, qui sont éligibles au vaccin d'AstraZeneca. Et enfin, les professionnels de santé qui n'ont pas réussi à se faire vacciner pour l'instant peuvent se faire vacciner en ville avec l'AstraZeneca.

Avez-vous eu des réticences sur l'injection du vaccin d'AstraZeneca ?

Alors aucun refus, mais par contre, effectivement, des demandes d'explications. C'est l'avantage aussi d'être avec son médecin ou pharmacien : c'est plus confortable que d'être dans des vaccinodromes, on peut échanger avec son professionnel qu'on connaît. Il faut bien sûr argumenter et c'est normal, on se pose des questions. Mais aujourd'hui, moi je fais confiance aux autorités de santé en France et en Europe qui préconisent de continuer. La pharmacovigilance en France est très développée et donc même s'il y a des signaux faible d'alerte, ils sont détectés. On a le principe de précaution en France, en cas d'alerte. Pour l'instant, ce n'est pas le cas de l'AstraZeneca.

Il y a une passe d'armes avec les médecins : certains s'offusquaient du fait que l'on distribuait des vaccins aux pharmacies (alors la DGS avait proscrit aux médecins de commander des vaccins pendant une semaine): que leur répondez-vous ?

Ce n'est pas le moment de faire de la polémique et d'inquiéter la population alors qu'on doit être rassemblés pour lutter contre le Covid. L'ennemi, ce ne sont pas les pharmaciens. L'ennemi, c'est le virus. Il faut tuer ce virus ; si on le fait les uns contre les autres, ça ne marchera pas. Et je peux vous dire qu'il va y avoir beaucoup d'injections à faire puisque ces vaccins doivent être renouvelés pour l'AstraZeneca douze semaines après.

Pendant l'été, il y a quelques médecins qui partent en vacances et il va falloir qu'on travaille et qu'on s'y mette tous, y compris les infirmiers.

Gilles Bonnefond

à franceinfo

Malheureusement, à la fin du mois, le AstraZeneca, qui a d'ailleurs fait un communiqué de presse, va réduire ses quantités de vaccins. Donc on va avoir un trou d'air dans la vaccination pendant 15 jours, chez les médecins et les pharmaciens.

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