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Covid-19 : disposer de la liste des personnes non vaccinées, faciliterait le dialogue avec elles "pour faire tomber les doutes", estime Jérôme Marty

Interrogé par franceinfo mardi sur d'éventuelles solutions au ralentissement de la vaccination, le président de l'Union française pour une médecine libre (UFLM), Jérôme Marty a tenu à dénoncer la "part d'égoïsme chez les gens qui ne veulent pas se vacciner".

Article rédigé par franceinfo
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La salle d'attente après vaccin d'un centre de vaccination basé sur le site de la patinoire de Metz en Moselle, le 25 mai 2021.  (CATHY VAXELAIRE / FRANCE-BLEU LORRAINE NORD)

Disposer de la liste des personnes non vaccinées "c'est une idée qui est facilitatrice pour appeler effectivement les gens pour discuter avec eux de cette vaccination, pour faire tomber les doutes quand il y en a afin de les amener vers la vaccination", a réagi mardi 29 juin sur franceinfo Jérôme Marty médecin généraliste et président de l’UFML. 

Ce dernier a ainsi emboité le pas d'Olivier Véran. Le ministre des Solidarités et de la Santé avait demandé sur le plateau de franceinfo à la Cnil de "laisser la possibilité d'envoyer aux médecins généralistes la liste de leurs patients vaccinés de manière à ce qu'ils puissent mobiliser ceux qui ne l'ont pas été." 

franceinfo : Concrètement vous ne l'avez pas déjà, vous, médecin, la liste des patients vaccinés ?

Jérôme Marty : On a la liste des patients que nous vaccinons, mais il y a trois sites de vaccination. Il y a les vaccinodromes, les centres vaccinations et les cabinets médicaux. Les gens qui vont se vacciner dans les centres de vaccination ou dans les vaccinodromes ça nous échappe un peu. Disposer de la liste c'est une idée qui est facilitatrice pour appeler effectivement les gens qui n'ont pas été vaccinés pour discuter avec eux de cette vaccination, pour faire tomber les doutes quand il y en a pour les amener vers la vaccination. Maintenant, pour l'égoïsme, que l'on rencontre souvent, c'est plus difficile et il faut le dénoncer parce qu'il y a quand même une part d'égoïsme chez les gens qui ne veulent pas se vacciner.

Qu'est-ce qu'ils vous disent ces égoïstes qui ne veulent pas se faire vacciner ?

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la vaccination, c'est un geste altruiste. C'est un geste pour se protéger, mais c'est surtout pour protéger les autres. Et puis, c'est pour gagner ce combat collectif dans lequel nous sommes tous engagés. C'est un combat collectif qui vise à éradiquer cette maladie. Si chacun ne joue pas son rôle, à ce moment-là, on perd le combat et le fait de ne pas jouer son rôle, de ne pas jouer le collectif c'est un comportement égoïste.

Qui avez-vous du mal à convaincre aujourd'hui. Des jeunes plutôt ou pas du tout ?

Non. Les jeunes, au contraire, ont plutôt une volonté de se vacciner. Ils sont pragmatiques. Ils ont parfaitement compris que le fait de se vacciner leur octroyait plus de liberté, plus de mouvement, plus de capacité à profiter de la vie. Mais on se heurte à des refus dans les générations 40/70 ans avec des gens qui se laissent convaincre par des porteurs de théories farfelues. Et ça, il faut le faire tomber.

Et vous arrivez parfois à les convaincre ?

Alors, on y arrive quand ce sont nos patients parce que les gens ont confiance en leur médecin. Ce n'est pas qu'ils aient confiance en la médecine générale, mais ils ont confiance en leur médecin. Et donc il est important de discuter avec eux. Mais quand on a des gens qui sont vraiment tombés du côté sombre, du côté du complotisme, du côté de tous ces gens qui portent ces théories sur le génocide organisé, etc. Là, c'est plus difficile.

Est-ce que vous avez des vaccins d'ailleurs en quantité suffisante ?

C'est bien là où le bât blesse. C'est que le troisième site de vaccination, c'est les cabinets médicaux, les pharmacies et les cabinets d'infirmières. On devait avoir normalement du Moderna pour vacciner, mais on a un maigre flacon par semaine quand on en a donc on peut difficilement faciliter la vaccination. Or, le propre de nos exercices, c'est qu'on amène le vaccin aux patients et pas le patient au vaccin. Il faudrait impérativement qu'on ait plus de matériel vaccinal.

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