Covid-19 : dans les quartiers nord de Marseille, la vaccination met en lumière les inégalités

Dans le centre de vaccination installé dans la mairie du 8e secteur de Marseille, la majorité des personnes qui viennent se faire vacciner n'habitent pas le quartier, tandis que les riverains peinent à s'inscrire.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La mairie du 8e secteur abrite l'un des deux centres de vaccination des quartiers Nord de Marseille. (CAPTURE D'ÉCRAN GOOGLE MAPS)

À Marseille, les quartiers nord, qui représentent une population égale à celle de la ville de Grenoble, ne disposent que de deux centres de vaccination contre le Covid-19 : le CHU Hôpital nord et une salle des fêtes de la mairie du 8e secteur. Dans cette dernière, 130 doses sont distribuées chaque jour à des habitants qui, pour la plupart, n’habitent pourtant pas dans ces quartiers.

"Tout est saturé, alors quand on m’a offert ce rendez-vous, j’ai accepté", explique Christian, retraité venu d'Allauch (sur les collines qui entourent Marseille), en compagnie de son épouse, pour se faire vacciner dans le centre de la mairie du 8e secteur. Comme beaucoup, ils ont été orientés vers les quartiers nord, faute de place dans un centre plus proche de chez eux. "Mes enfants m’ont déconseillé de venir avec la voiture, alors j'ai pris un taxi, ça va me coûter 60 euros", précise le retraité.

Pas d'internet, pas de rendez-vous

À 200 mètres du centre de vaccination, dans le cabinet du Dr Ouichou, la problématique des patients est très différente. "Les patients viennent parce qu'ils n'arrivent pas à s'inscrire, à prendre un rendez-vous pour se faire vacciner, explique le médecin. Ils n'ont pas internet et ils se débrouillent très, très mal avec les nouvelles technologies." Ils viennent donc chercher auprès de leur médecin une aide qui n'est pas uniquement médicale.

"On aimerait juste trouver le moyen de faire vacciner nos patients qui habitent dans le quartier."

Dr Ouichou

à franceinfo

Selon le médecin, ses patients sont souvent "très peu mobiles" et "en plus de vivre dans des situations de précarité, n'ont pas accès aux soins au même titre que le reste de la population."

Dans la salle d'attente, Gabriel, qui souffre de pathologies lourdes, a dû se déplacer jusqu'à Vitrolles, à 50 kilomètres, pour se faire vacciner, alors qu'il habite à 30 mètres seulement du centre des quartiers nord. "Je me suis rendu à la mairie du 8e secteur, mais on m'a dit qu'ils ne prenaient pas sans rendez-vous pris sur internet, indique Gabriel. J'ai essayé de téléphoner à Vitrolles, on m'a dit qu'il y avait une place pour le 12 mars. Je me suis inscrit et une semaine après, on m'a rappelé en me disant qu'une place s'était libérée. Résultat, le 19 février au soir, on m’a fait mon vaccin."

Confrontée à ces inégalités entre les territoires et les populations au sujet de la vaccination contre le Covid-19, Michèle Rubirola, première adjointe à la mairie de Marseille en charge de la santé, a convoqué une réunion sur cette question lundi 22 février.

La vaccination à Marseille, miroir des inégalités
--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.