Vaccination contre le Covid-19 : comment le gouvernement tente d'accélérer la campagne pour la dose de rappel

Depuis l'ouverture de la campagne de rappel début septembre, seulement 2 millions de personnes ont franchi le pas sur les 6 millions de Français éligibles.

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Une patiente âgée reçoit sa dose de rappel de vaccin contre le Covid-19, à Paris, le 13 septembre 2021. (THOMAS COEX / AFP)

Le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure. L'exécutif a lancé fin août une campagne pour inciter les Français éligibles à effectuer leur dose de rappel contre le Covid-19, qui équivaut dans la majorité des cas à une troisième injection de vaccin. Objectif : éviter la survenue d'une cinquième vague à l'automne, alors que le nombre de cas positifs est reparti à la hausse et que plusieurs études ont mis en évidence une diminution dans le temps de la protection immunitaire fournie par les vaccins. Mais "sur 6 millions de personnes éligibles" à ce jour, seulement "2 millions ont eu recours au rappel", a regretté le porte-parole du gouvernement sur RTL, mardi 19 octobre, lançant un "appel au rappel".

Sont concernés les plus de 65 ans, les personnes de plus de 12 ans ayant reçu le vaccin monodose Janssen et celles souffrant d'une pathologie à haut risque, d'une comorbidité ou immunodéprimées. La dose de rappel peut être administrée six mois après un schéma vaccinal complet. Comment les autorités tentent-elles de relancer cette campagne ? Tour d'horizon des mesures engagées ou envisagées.

En mettant le vaccin Pfizer à disposition des médecins et pharmacies

Depuis le 1er octobre, le vaccin Pfizer-BioNTech, seul autorisé pour cette dose de rappel, est mis à disposition des médecins libéraux, des infirmiers et des pharmacies. Jusqu'alors, ces professionnels ne pouvaient administrer que les vaccins Moderna et AstraZeneca.

A l'heure où de plus en plus de vaccinodromes ferment leurs portes, le gouvernement table sur cette vaccination de proximité pour convaincre les personnes les plus âgées, qui ont été parmi les premières à se faire vacciner en janvier et février 2021. "Je compte sur les médecins de ville, les pharmaciens et les infirmiers libéraux pour s'y engager comme ils le font par ailleurs chaque automne pour le vaccin contre la grippe", a déclaré fin septembre le Premier ministre, Jean Castex, dans Les Echos (article abonnés).

Dans un article du Parisien paru le 18 octobre, le ministère de la Santé affirme observer "un sursaut et une accélération depuis deux semaines maintenant" de la vaccination de rappel. "La possibilité de se faire vacciner avec le produit Pfizer chez les médecins généralistes a certainement produit son effet", estime-t-il.

En élargissant la dose de rappel aux soignants et aux proches de personnes immunodéprimées

Le gouvernement l'a annoncé le 7 octobre : le conseil de défense tenu ce même jour a décidé de suivre l'avis de la Haute autorité de santé, qui recommande une campagne de rappel vaccinal pour les soignants. "Dès aujourd'hui, les soignants complètement vaccinés depuis plus de six mois peuvent recourir au rappel vaccinal", a détaillé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dans le compte-rendu du Conseil des ministres. Il a précisé que ce rappel ne serait toutefois pas obligatoire.

Dans un tweet, le ministre de la Santé Olivier Véran a ajouté que les proches des personnes immunodéprimées étaient également concernées par cette mesure. "J'appelle toutes les personnes éligibles à faire rapidement leur dose de rappel. Ne baissons pas la garde", a-t-il écrit.

En lançant une campagne de communication

"Cette campagne a commencé bien trop lentement", reconnaît le ministère de la Santé dans les colonnes du Parisien. Pour accélérer, une campagne de communication a été lancée le 13 octobre. Les spots radios sont pédagogiques, expliquant que la protection contre le Covid-19 apportée par les vaccins diminue après un certain temps. Ils précisent aussi qui sont les personnes éligibles et où elles peuvent prendre rendez-vous.

Les spots télé, eux, mettent en scène deux personnes âgées qui se préparent à un rendez-vous galant pour en réalité se diriger vers la pharmacie afin d'effectuer leur dose de rappel. "Il y a des rendez-vous à ne pas manquer", dit le slogan.

Les affiches, destinées notamment aux cabinets des médecins, mettent en avant les chiffres : "Aujourd'hui, huit personnes sur dix hospitalisées à cause du Covid ne sont pas vaccinées". Avec ce message sur un pansement : "Il y a des chiffres qui piquent bien plus qu'une aiguille".

En avançant le début de la campagne de vaccination antigrippale

La campagne de vaccination contre la grippe, qui devait commencer le 26 octobre pour les personnes ciblées, a finalement débuté avec huit jours d'avance dans les Ephad et établissements de santé. Elle va également démarrer avec quatre jours d'avance pour la population générale, dès le 22 octobre, selon une note "urgente" de la Direction générale de la Santé (DGS) adressée aux médecins, pharmaciens et infirmiers.

La DGS justifie cette avance par le fait que "cette année, dans un contexte de circulation des virus de la Covid-19 et de la grippe, le risque de co-infection et de développement de formes graves et de décès" est plus élevé. Cette décision vise à "encourager la synergie entre les deux campagnes de vaccination et ne perdre aucune opportunité de vacciner contre la grippe et contre la Covid-19 les personnes les plus fragiles". La dose de rappel pourra ainsi être administrée en même temps que la piqûre pour protéger contre la grippe saisonnière, avec une injection dans chaque bras.

En réfléchissant à intégrer cette dose de rappel dans le pass sanitaire

A terme, 22 millions de personnes pourront prétendre à cette dose de rappel, selon les critères actuels. Mais toute la population éligible au vaccin pourrait in fine être concernée. Le gouvernement réfléchit d'ailleurs à intégrer la dose de rappel dans le pass sanitaire, dont la prolongation jusqu'à l'été prochain doit être discutée à partir de mardi 19 octobre à l'Assemblée. Le pass pourrait ainsi être désactivé si la personne n'a pas fait son rappel de vaccin.

"C'est quelque chose qu'on regarde mais ce n'est pas décidé aujourd'hui", a fait savoir la ministre du Travail et de l'Emploi, Elisabeth Borne, invitée d'Europe 1 le 14 octobre. Une piste de réflexion que le ministère de la Santé a confirmée auprès de France Télévisions.

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