Covid-19 : "Ce n'est pas le frigo qu'il faut vacciner ce sont les patients", lance le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine

Selon Gilles Bonnefond, "1,4 million de patients" sont inscrits sur les listes d'attente dans les pharmacies pour se faire vacciner contre le Covid-19.

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Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine, invité sur franceinfo jeudi 17 janvier. (FRANCEINFO)

"Ce n'est pas le frigo qu'il faut vacciner ce sont les patients", a lancé mercredi 24 mars sur franceinfo le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, Gilles Bonnefond, qui dévoile une enquête sur la vaccination en pharmacie. Il ne veut aucun stock de doses "dormant" dans les pharmacies. "Plus tôt on est vacciné, plus vite on sortira de cette crise", assure-t-il.

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franceinfo : Vous avez sondé plus de 2 400 pharmaciens. Ce qui ressort d'abord, c'est que la majorité d'entre eux ont des patients qui sont inscrits sur liste d'attente pour se faire vacciner ?

Gilles Bonnefond : Oui, parce que quand on veut faire une vaccination contre la Covid dans une période de tensions d'approvisionnement, il faut s'organiser. S'organiser, cela veut dire qu'il ne faut pas laisser des doses dormir dans les frigos.

"Ce qui est important, c'est dès qu'on reçoit des doses, de les injecter."

Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine

à franceinfo

Donc les pharmaciens ont fait des listes d'attente en prenant les critères d'éligibilité des patients. On a vu, à travers cette enquête, que 900 000 personnes étaient déjà en attente sur les listes des pharmaciens, entre 50 et 74 ans avec des risques de comorbidités. Et on a pratiquement 500 000 patients en attente pour ceux qui ont plus de 75 ans et qui souhaitent se faire vacciner avec AstraZeneca. Donc 1,4 million de patients qui sont en attente.

Manquez-vous encore des doses ?

Oui c'est une catastrophe. En fait, on n'a pas démarré. Il n'y a que 18 départements où les pharmaciens ont reçu un flacon qu'ils ont injecté pratiquement tout de suite. Heureusement d'ailleurs, puisque le lundi, il y avait la suspension pendant quatre jours (d'AstraZeneca). Cela ne nous a pas facilité la tâche. Et là maintenant, on reçoit les premiers flacons pour toutes les pharmacies. On les a reçus hier ou aujourd'hui et on les aura injectés avant la fin de la semaine.

Reste-t-il encore dans les pharmacies des doses de vaccins non récupérées par les médecins ?

Oui, 25 % pharmaciens disent avoir encore des doses qui n'ont pas été récupérées par des médecins. Pour les médecins, c'est plus compliqué parce qu'il faut qu'ils libèrent une demi-journée de travail et prennent des rendez-vous. Ils y arrivent, heureusement, d'ailleurs, ils injectent. Mais on ne peut pas en vouloir aux médecins qui ne le font pas parce que quand on est seul dans son cabinet et qu'on a déjà une grosse charge de travail, on ne peut pas le faire. Et donc, il vaut mieux que ce soient les infirmières et les pharmaciens qui le fassent. Ce qui est important, c'est d'ailleurs le message du président de la République, c'est qu'il n'y ait aucun stock dormant dans les frigos. Ce n'est pas le frigo qu'il faut vacciner ce sont les patients parce que les patients attendent des doses. Et plus tôt on est vacciné, plus vite on sortira de cette crise.

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