Covid-19 : 240 millions de doses de vaccins périmées ont été gaspillées à travers le monde

En France, 218 000 doses AstraZeneca ont ainsi été jetées à la poubelle en raison de leur date de péremption, selon la direction générale de la Santé. 

Article rédigé par
Léo Tescher et Xavier Allain - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un vaccin contre le Covid-19 à Mulhouse (Haut-Rhin), le 30 janvier 2022. (MAXPPP)

C'est un scandale révélé par le projet journalistique international "#followthedoses" auquel participe le journal Le Monde. Comme son nom l'indique en anglais, il s'agit de suivre, "tracer" les doses de vaccin contre le Covid-19. Or, il s'avère que plus de 240 millions d'entre elles sont aujourd'hui inutilisables car périmées.

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Avec une durée de vie de six mois, c'est le vaccin de Pfizer qui a été le plus gaspillé dans le monde, selon cette enquête. Pourtant, en France, assure la direction générale de la Santé, il n'y a que des doses d'AstraZeneca, le laboratoire suédo-britannique, qui sont parties à la poubelle dans l'Hexagone. Cela ressemble tout de même 218 000 doses, à 2 euros l'unité, de ce vaccin un temps controversé après des cas de thromboses. 

A travers le monde, le total est vertigineux, avec le chiffre avancé d'au moins 240 millions de doses gaspillées. Et ce n'est d'ailleurs qu'une estimation basse : ces chiffres ne concerne que les pays riches, selon des chiffres dévoilés par nos confrères du Monde, citant la société d’analyse de données de santé Airfinity, basée à Londres. 

Des doses données aux pays pauvres à la limite de péremption

Il n'existe que peu d'informations sur les pays pauvres, qui constituaient surtout leurs stocks de vaccins à partir de dons venus du Nord, qui, justement, révèle cette enquête, envoyaient des doses à la limite de la péremption. Les bénéficiaires du programme international Covax en ont ainsi refusé 100 millions, rien que sur le mois de décembre 2021. D'autres, sont tout de même arrivées à la limite de la date d'utilisation, comme en Afrique, et notamment en Nigeria, pour finir enfouies sous la terre au bulldozer. En France, ce type de déchet est incinéré.

Sur franceinfo, Pauline Londeix, de l'Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, a ainsi dénoncé qu'"Un tiers de la population mondiale n’a reçu aucune dose de vaccin. Quand on voit les chiffres de gâchis, on ne peut être que choqué. Mais malheureusement, on pouvait s'y attendre parce que les pays riches ont voulu accaparer les doses de vaccin, ayant peur d'en manquer, voulant vacciner la population rapidement... Ils ont acheté les doses et ça a conduit à ce gâchis. Je crois qu'il y a un problème récurrent depuis le début de la crise du Covid, c'est la question de la gestion des stocks, qui est une constante assez catastrophique", a-t-elle précisé, avant d'estimer que "le dispositif Covax est un échec".

Dans un communiqué "urgent" du ministère de la Santé, daté de janvier 2022, on peut ainsi lire les recommandations de "bien consulter les étiquettes de péremption et les dates limites d’administration sur le flacon avant toute injection", précisant que "suite à une modification de l’autorisation de mise sur le marché", la "durée de conservation des flacons" ont pu voir un allongement de leur péremption de trois mois, passant jusqu'à neuf mois maximum.

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