Coronavirus : Oxfam accuse les pays riches d'avoir déjà réservé la moitié des futures doses de vaccins

La logique de ces pays, qui représentent 13% de la population mondiale, est de s'approvisionner par précaution auprès de multiples fabricants concurrents, dans l'espoir qu'au moins l'un de leurs vaccins se révèle efficace.

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Une volontaire reçoit une injection d'un vaccin Moderna en phase de test, le 5 août 2020, à Détroit (Michigan). (HENRY FORD HEALTH SYSTEM / AFP)

Un groupe de pays riches représentant 13% de la population mondiale a pré-acheté la moitié des futures doses de vaccins contre le Covid-19, selon un communiqué (en anglais) publié par l'ONG Oxfam, jeudi 17 septembre. La logique de ces pays est de s'approvisionner par précaution auprès de multiples fabricants concurrents, dans l'espoir qu'au moins l'un de leurs vaccins se révèle efficace.

Selon Oxfam, des contrats portant sur des vaccins en phase 3 d'essais cliniques ont déjà été signés auprès des cinq fabricants les plus avancés pour 5,3 milliards de doses, dont 51% pour des pays développés dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, les Etats membres de l'UE, ainsi que l'Australie, Hong Kong, la Suisse et Israël. Ces pays ont conclu de multiples accords garantissant en avance la production et la livraison de doses si les essais cliniques en cours étaient concluants. 

Les Etats-Unis de Donald Trump (330 millions d'habitants) ont réservé un total de 800 millions de doses auprès de six fabricants et l'Union européenne (450 millions d'habitants) a au moins acheté 1,5 milliard de doses, selon un décompte de l'AFP.

Un "nationalisme vaccinal" qui inquiète

Les 49% restants des doses ont été promis à des pays en développement dont l'Inde (où se trouve le fabricant géant Serum Institute of India), le Bangladesh, la Chine, le Brésil, l'Indonésie et le Mexique, selon l'ONG.

Le communiqué souligne avec urgence la difficulté qu'aura une partie de la population mondiale à trouver des vaccins dans la période initiale, alors qu'un dispositif de mutualisation internationale appelé Covax, soutenu par l'Organisation mondiale de la santé, est boycotté par Washington et manque de financements. "Même dans le cas improbable où les cinq vaccins seraient concluants, près des deux tiers (61%) de la population mondiale n'auraient pas de vaccin avant au moins 2022", redoute l'ONG.

L'accès vital aux vaccins ne doit pas dépendre d'où on habite, ni de l'argent qu'on a.

Robert Silverman, chargé d'équipe Oxfam

à l'AFP

Des experts en santé publique ont proposé plusieurs modes de répartition mondiale : l'OMS voudrait donner à chaque pays de quoi vacciner 20% de sa population, tandis qu'un groupe d'éthiciens a suggéré de donner la priorité aux pays où le virus tue le plus.

Mais les Etats-Unis ont annoncé qu'ils entendaient offrir d'abord le vaccin à tous leurs habitants, et pas seulement aux personnes vulnérables et âgées. Ce type de "nationalisme vaccinal" a été dénoncé par de multiples responsables de santé publique, et par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un discours, mercredi, devant le Parlement européen.

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