Confinement à la Réunion : dans les hôpitaux, "le pic n'est pas encore atteint", selon un cardiologue à Saint-Denis

Le préfet de La Réunion a annoncé un renforcement des mesures de restriction sanitaires à partir du samedi 31 juillet à 5 heures et pendant deux semaines

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Radio France
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Rue des Bons Enfants à Saint-Pierre de La Réunion (Photo d'illustration). (RIEGER BERTRAND / HEMIS.FR / HEMIS.FR)

Les hôpitaux de la Réunion "sont sous tension", avec des services de réanimation "presque pleins", a affirmé jeudi 29 juillet sur franceinfo Geoffray Rambaud, cardiologue à la clinique Sainte-Clothilde de Saint-Denis à la Réunion et vice-président de l'Union régionale des médecins libéraux de la Réunion (URML), alors que le préfet de La Réunion a annoncé un renforcement des mesures de restriction à partir du samedi 31 juillet à 5 heures et pendant deux semaines pour faire face à la flambée de l'épidémie de Covid-19. Un confinement entrera en vigueur de 5 heures à 18 heures. Le couvre-feu sera avancé à 18 heures, jusqu’à 5 heures. Dans les hôpitaux, "le pic n'est pas encore atteint. Nous attendons plutôt un pic la semaine prochaine", estime Geoffray Rambaud.

"Nous connaissons une crise sans précédent", assure le médecin. "Nous avons des taux d'infection avec une incidence à 350 pour 100 000 habitants. Nous étions à peine à 150 début juillet." Il souligne la propagation "très importante et rapide avec une influence du variant delta". Ce jeudi, 600 nouveaux cas ont été enregistrés dans les hôpitaux, "le taux le plus élevé jamais connu".

Peut-être des transferts de patients vers Mayotte

Pour faire face à la progression de l'épidémie et à la pénurie de lits, il reste encore "quelques options" mais qui seront "assez limitées si les cas augmentent de façon importante". Les cliniques peuvent être sollicitées "pour quelques lits de réanimation supplémentaires, mais nous serons rapidement saturés, si les cas montent de façon trop importante". Le transfert de patients vers la métropole "est évoqué, si jamais la situation le nécessitait", précise Geoffray Rambaud, comme la possibilité d'en transférer vers Mayotte, "mais on espère ne pas en arriver là".

La flambée épidémique est due, selon le médecin, à "plusieurs paramètres". Il évoque "les vacances, avec les jeunes qui se rassemblent beaucoup". Il constate également "un relâchement des mesures barrière assez important". Et avec les températures froides à la Réunion, "les gens se rassemblent plutôt à l'intérieur, et c'est un mode de propagation du virus".

Une couverture vaccinale insuffisante

Geoffray Rambaud pointe encore le "problème majeur" de la vaccination. Il y a actuellement "entre 28 % et 30 % de vaccination complète à la Réunion. Les plus de 75 ans sont vaccinés à 55 % seulement. Ce sont les patients qui vont faire les formes graves". Pour contrer cette défiance, "les médecins libéraux et hospitaliers essaient de faire une campagne d'information pour rassurer la population sur les effets secondaires du vaccin". Selon le médecin de l'URML, à la Réunion "il n'y a pas la conscience de la gravité de l'infection par le Covid-19. On n'a pas eu énormément de cas encore à la Réunion. Avec cette flambée, les choses vont peut-être changer", espère Geoffray Rambaud.

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