AstraZeneca : "Si vous vaccinez 100 000 personnes aujourd'hui plutôt que demain, vous avez 15 morts de moins", assure un professeur

Le professeur Jean-François Timsit défend l'intérêt du vaccin AstraZeneca et prône, par ailleurs, le transfert de professionnels de santé entre hôpitaux plutôt que le transfert de patients.

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Radio France
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Doses du vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19, le 14 mars 2021. (FRED TANNEAU / AFP)

Alors que les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont suspendu la vaccination de leur personnel contre le Covid-19 avec le vaccin AstraZeneca, le professeur Jean-François Timsit appelle lundi 15 mars sur franceinfo à "remettre les effets secondaires à leur place". Si un pompier d'Arles est hospitalisé pour une arythmie cardiaque, le chef du service réanimation de l'hôpital Bichat, à Paris, insiste : "C'est une petite moitié des plus jeunes patients qui vont ressentir de la fièvre et parfois rester cloués au lit pendant trois à quatre heures après avoir été vaccinés".

Selon lui, "c'est à mettre en perspective avec les vies sauvées" et avec les formes de Covid long "qui ont l'air d'empoisonner la vie des gens. Il faut savoir que si vous vaccinez 100 000 personnes de plus de 50 ans aujourd'hui plutôt que demain, vous avez 15 morts de moins." Le professeur Jean-François Timsit estime qu'"il n'y a vraiment pas de rapport" entre les interruptions de la vaccination AstraZeneca en Islande ou en Norvège, "où il y a 3 à 7 morts par jour", et "le risque mortel et majeur" encouru en France.

Transférer les professionnels de santé plutôt que les patients

Par ailleurs, Jean-François Timsit estime que, face à la saturation des services de réanimation, "il y a une solution envisagée dont on ne parle pas beaucoup, c'est de transférer les personnels de santé" pour ouvrir des lits supplémentaires. "Il faut réfléchir à ce type de solution", selon le chef du service réanimation de l'hôpital Bichat. D'autant que les évacuations sanitaires ne concernent, selon lui, qu'"extrêmement peu de patients".

"Elles ne peuvent se faire que pour des malades de gravité intermédiaire. Dans mon service, c'est 1 patient sur 16 qui est éventuellement transférable mais sa famille n'y est pas très en faveur. C'est extrêmement compliqué à organiser." Pour le professeur Timsit, les transferts de malades ne sont "clairement pas une solution". Il alerte sur l'épuisement de ses équipes sur lesquelles "on va avoir du mal à compter pendant des semaines et des semaines" et qui ont besoin de renforts.

"On travaille dans des conditions très limite, avec des malades plus sévères. Le moindre arrêt de travail est une catastrophe à remplacer. On est obligé de transférer les infirmières d'un service à l'autre, et si on transfère en réanimation, ça veut dire qu'on ferme d'autres lits et qu'on met en difficulté d'autres malades."

Même si d'autres professionnels de santé sont plus sceptiques quant à la solution du transfert de personnel, notamment des hôpitaux publics vers d'autres hôpitaux publics où 4 lits de réanimation sur 5 sont occupés par des patients Covid, Jean-François Timsit se rappelle qu'en mars 2020 "on avait eu beaucoup d'aides de partout". Un an plus tard, il décrit une situation "à la limite du système, au point de rupture".

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