Allègement des restrictions sanitaires : "Une décision tout à fait logique", selon l'infectiologue Nathan Peiffer-Smadja

Selon des données rapportées par l'équivalent britannique de Santé Publique France, le vaccin Pfizer serait efficace à 96 % contre le variant indien, selon l'infectiologue.

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Radio France
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Des passants masqués profitent du soleil, samedi 29 mai 2021 à proximité de la plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. (VALENTINO BELLONI / HANS LUCAS / AFP)

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé ce mercredi 16 juin la fin de l’obligation du port du masque en extérieur dès ce jeudi 17 juin et la levée du couvre-feu ce dimanche 21 juin. "Cela parait une décision tout à fait logique", a estimé ce mercredi 16 juin sur franceinfo Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue à l'hôpital Bichat à Paris. Il rappelle malgré tout que "le port du masque à l'intérieur est crucial." L'infectiologue lance un appel à la vaccination "extrêmement efficace" contre les variants. C'est la vaccination qui va "nous aider à aborder la rentrée plus sereinement".

Est-ce que les annonces du gouvernement sur l'allègement des restrictions sanitaires vous satisfont ?

Cela parait une décision tout à fait logique. A l'extérieur, le risque de transmission est assez faible en déplacement. Pour transmettre le virus, il faut envoyer des micro-postillons sur quelqu'un pendant plusieurs dizaines de secondes, ce qui est rarement le cas quand on se déplace. Donc, cela correspond à un risque faible. Le risque est plus faible, par exemple, que sur les terrasses ou dans un restaurant où on est face à quelqu'un sans masque. Donc, cela permet d'harmoniser et de rendre les mesures cohérentes. Et je pense que ça peut avoir comme point fort de vraiment se concentrer là où la transmission intervient, c'est à dire le masque à l'intérieur, l'aération et éventuellement les capteurs de CO2. Comme on veut réduire au maximum cette transmission, les contaminations, les formes sévères, le port du masque à l'intérieur est crucial. Et puis l'autre mesure, bien sûr, c'est la vaccination qui est vraiment la grosse différence avec l'été dernier.

Est-ce que le vaccin va changer la donne à la rentrée ?

C'est certain. On l'a vu, le problème majeur du Covid, c'est qu'il y a beaucoup d'hospitalisations quand le virus circule. Donc les hôpitaux sont saturés, tout comme les réanimations, les services de médecine, et on ne peut plus faire le reste des activités médicales. Les vaccins ont montré une efficacité incroyable sur ces formes sévères. Elle diminue à plus de 90 % le risque d'être hospitalisé pour une maladie Covid. Donc, cela va diminuer massivement chez les gens vaccinés le risque d'être hospitalisé. Et plus on aura de gens vaccinés à la rentrée, mieux on pourra gérer cette rentrée et éviter qu'il y ait des cas qui nous saturent comme cela a été le cas l'été dernier. Et puis, il y a la question des variants. On a de la chance. Il se trouve que ces vaccins sont extrêmement efficaces sur le variant britannique. Ils sont aussi efficaces, quasiment, que sur le variant initial. Et puis, pour le variant Delta, le variant indien, on a des données anglaises récentes, qui viennent de l'équivalent de Santé publique France au Royaume-Uni, qui montrent 96 % d'efficacité du vaccin de Pfizer pour diminuer le risque d'hospitalisation liée au Covid face aux variant Delta indien, et 92 % pour AstraZeneca. Donc, on reste à des niveaux d'efficacité excellents. Et on a tout lieu de penser que ce sera un peu dans le même ordre de grandeur pour le vaccin Moderna. Donc, on a des vaccins extrêmement efficaces contre tous les variants connus à ce jour, y compris ce fameux variant Delta indien.

Est-ce que c'est une raison de plus pour inciter ceux qui ne sont pas vaccinés à aller le faire ?

Tout à fait. Nous continuons à hospitaliser des patients Covid. Ce sont des patients qui sont fragiles et qui ne sont pas vaccinés. Donc, on incite vraiment à ce que tous ceux qui ont encore des fragilités qui ne sont pas vaccinés le fassent, parce qu'ils ont encore des risques de faire des formes sévères qui nécessitent des hospitalisations, voire de la réanimation. Le rapport bénéfice-risque est très favorable au vaccin. Et les jeunes peuvent participer au contrôle de l'épidémie, peuvent éviter la circulation du virus en participant à la vaccination. Je pense que c'est ça qui va nous aider à aborder la rentrée plus sereinement

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