50 millions de primo-vaccinés contre le Covid-19 : "Maintenant, on va se demander si la troisième injection doit être étendue", estime un médecin

Le docteur Luc Duquesnel affirme qu'il faut tout de même continuer à convaincre, notamment les personnes isolées ou en zone rurale.

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Radio France
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Un homme reçoit une injection du vaccin contre le Covid-19 à Lamentin, en Martinique, le 1er septembre 2021.  (FANNY FONTAN / HANS LUCAS / AFP)

"C'est un grand succès", réagit le docteur Luc Duquesnel vendredi 17 septembre sur franceinfo , après que la France a franchi la barre des 50 millions de primo-vaccinés contre le Covid-19. "En début d'année, on était derniers de la classe !", rappelle celui qui est médecin en Mayenne et président de la branche "généralistes" de la Confédération des syndicats médicaux français. "Maintenant, on va se demander si la troisième injection doit être étendue", prévoit-il.

franceinfo : Cet objectif a-t-il été atteint grâce à la logistique qui a réussi à se mettre en place, à la pédagogie autour de l'importance de la vaccination, ou à ce bâton du pass sanitaire ?

Je crois que ce sont tous les éléments qui ont joué. Même au début de l'été, avant qu'on parle du pass sanitaire, beaucoup de gens se faisaient vacciner. Je crois que quand on a vu ce qu'il se passait aux Antilles, ça a été un élément déterminant. Mais je crois surtout que le grand facteur de réussite a été l'investissement des professionnels de santé. On a demandé aux médecins, aux pharmaciens ou encore aux infirmières, de vacciner sur le terrain. Ça a été la grosse différence avec la vaccination H1N1. Cette barre des 50 millions de primo-vaccinés avait été fixée pour la fin août, on est le 17 septembre. C'est tout de même un grand succès alors qu'en début d'année, on était les derniers de la classe !

"Tous les jours, il y a des gens qui viennent pour une première injection."

Luc Duquesnel

à franceinfo

Qu'allons nous faire maintenant ?

Aujourd'hui, il y a encore quelques premières injections. On voit aussi des plus de 65 ans qui viennent pour leur troisième injection. Je crois que pour les semaines et mois à venir, on va maintenant se demander si la troisième injection, le deuxième rappel, va être étendu à l'ensemble de la population française. On voit aujourd'hui que le nombre d'hospitalisations diminue, les passages en réanimation aussi. Ce n'est pas le cas dans tous les pays. On sait désormais que le risque augmente plus on s'éloigne du deuxième rappel et ce n'est pas seulement lié à l'âge.

Si on enlève les 10 millions de Français de moins de 12 ans qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination, il reste une fourchette de 6 à 7 millions de personnes réticentes au vaccin. Va-t-on abandonner leur vaccination ?

Non, parce que je crois qu'il faut continuer à convaincre. Tous les jours, il y a des gens qui viennent pour une première injection. Il y a, entre autres, des jeunes qui veulent pouvoir faire du sport. Les tests PCR seront payants à partir du 15 octobre. Là, où on a le plus de problème aujourd'hui, c'est chez les plus de 80 ans qui s'estiment isolés chez eux ou dans les zones rurales. Ce sont ces personnes qui se retrouvent en réanimation avec un risque de décès important. Je crois que c'est là qu'on doit faire tous les efforts pour arriver à les convaincre. Pour cela, il faut réussir à les identifier. La Caisse d'assurance maladie a donné des listes qui ne sont pas très ergonomiques à utiliser. On attend d'avoir des listes ciblées sur ces personnes à haut risque qui ne sont pas vaccinées. Il faudra aussi profiter de la période de vaccination pour la grippe.

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