Une caricature du coronavirus dans un journal danois provoque la colère de la Chine

L'ambassade de Chine au Danemark a réagi sur son site internet, qualifiant la caricature d'"insulte à la Chine (...) blessant le peuple chinois".

Un dessin de presse publié le 27 janvier 2020 dans le journal danois \"Jyllands-Posten\" représentant le drapeau chinois où les étoiles ont été remplacées par des dessins de coronavirus. 
Un dessin de presse publié le 27 janvier 2020 dans le journal danois "Jyllands-Posten" représentant le drapeau chinois où les étoiles ont été remplacées par des dessins de coronavirus.  (IDA MARIE ODGAARD / RITZAU SCANPIX / AFP)

La drapeau chinois revu et corrigé à l'ère du coronavirus. Le journal danois Jyllands-Posten a refusé, mardi 28 janvier, de présenter des excuses à la Chine après la publication d'une caricature du coronavirus dans les colonnes du quotidien, suscitant l'ire de l'ambassade de Chine à Copenhague.

La caricature, publiée lundi dans les pages du quotidien scandinave, représente un drapeau chinois où les cinq étoiles jaunes, normalement présentes en haut à gauche de la bannière, ont été remplacées par des dessins du nouveau coronavirus, apparu fin 2019 en Chine.

L'ambassade de Chine au Danemark a réagi sur son site internet, qualifiant la caricature d'"insulte à la Chine (...) blessant le peuple chinois". Selon les autorités chinoises à Copenhague, le dessin a franchi la "limite éthique de la liberté d'expression". L'ambassade a exigé du journal et de son dessinateur "des excuses publiques au peuple chinois".

Pas d'excuses en vue 

"Nous ne pouvons pas nous excuser pour quelque chose que nous ne pensons pas être mal. Nous n'avons pas l'intention d'être humiliants ou de nous moquer, et nous ne pensons pas que le dessin le soit", a indiqué mardi Jacob Nybroe, le rédacteur en chef du quotidien, sur le site internet du journal.

Le Jyllands-Posten n'est pas étranger à la controverse : en 2005, le quotidien avait déclenché une vague de protestations violentes dans le monde arabe après la publication de caricatures de Mahomet. Les dessinateurs du journal avaient alors été menacés de mort et plusieurs d'entre eux ont préféré cesser de travailler. En solidarité, Charlie Hebdo avaient publié ces dessins, provoquant la colère de l'Union des organisations islamiques de France et de la Grande Mosquée de Paris, qui avaient porté plainte contre l'hebdomadaire satirique. Le procès de 2007, qui a mené à la relaxe de Charlie Hebdo, est relaté dans le documentaire C'est dur d'être aimé par des cons.