"Un sportif qui ne s'entraîne pas, il est malheureux" : pour certains joueurs de rugby professionnels, confinement rime avec dépression

L'état psychologique des sportifs de haut niveau, confinés comme tout le monde depuis la mi-mars et privés de l'exercice de leur profession, suscite l'inquiétude. Exemple avec le rugby.

Un terrain de rugby (illustration).
Un terrain de rugby (illustration). (ADAM DAVY / MAXPPP)

Après six semaines de confinement sans aucun entraînement, dans tous les clubs du Top 14, c'est partout le même constat. "Ça commence à se lasser un peu...", glisse Eric de Cromières. Le président de Clermont et ses entraîneurs sont en lien téléphonique régulier avec leurs joueurs. Dans d'autres équipes, comme au Stade Français, certains jeunes se sont confinés ensemble pour s'épauler. D'autres participent à des œuvres solidaires.

Mais difficile de chasser l'angoisse, souligne tout de même le président du Stade Français, Thomas Lombard. "Quand on est sportif professionnel, qu'on ne peut pas s'entraîner, qu'on ne voit pas le bout du tunnel qui apparaît... Et puis un sportif qui ne s'entraîne pas, il est triste, il est malheureux !"

"Il y a le métier, la passion... et tout ce qu'il y a autour"

Des cas de dépression, notamment pour des joueurs en fin de contrat, dans l'incertitude la plus totale, sont déjà remontés jusqu'à Provale, le syndicat des joueurs, témoigne son président, Robins Tchalé Watchou. "Dernièrement, on a un joueur qui nous a appelés parce que son coéquipier qui était blessé depuis longtemps, qui est en fin de contrat, il sent qu'il ne va pas très bien. Il nous a alerté. Vous savez, il y a le métier, la passion, le sport... Il y a aussi tout ce qu'il y a autour. Ce n'est pas rose partout. Et une situation comme celle-ci ne vient qu'exacerber ce genre de problématique. Aujourd'hui, nous accompagnons les joueurs qui sont en détresse."

Une cellule d'écoute est déjà active. En football, une étude de la FifPro, le syndicat international des joueurs, a révélé cette semaine que 50% des joueuses et 30% des joueurs présentaient des signes dépressifs. La question des risques et du suivi psychologique des sportifs devrait prochainement prendre encore plus d'ampleur auprès des fédérations et du ministère des Sports.