"Un endroit pire qu'une prison" : à Édimbourg, la rentrée confinée de certains étudiants passe mal

En Écosse, des étudiants de retour sur leur campus se retrouvent isolés dans leur chambre suite à des cas de Covid-19. Certains dénoncent la situation sur les réseaux sociaux.

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Radio France
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Tess dénonce sur les réseaux sociaux les conditions de vie sur le campus d'Édimbourg. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

En Écosse comme ailleurs, la rentrée universitaire est perturbée par la pandémie. C'est le cas notamment à Édimbourg, où des milliers d'étudiants se retrouvent à l'isolement dans leur chambre suite à des cas de Covid-19, dans des conditions qu'ils dénoncent.

Sur le campus d'Édimbourg, Jemima arrive de Londres pour sa première année de fac et loge à Pollock halls, la cité universitaire. Elle a encore le droit de sortir, mais elle sait que le confinement la guette. "Ça va sans doute m'arriver. Dans mon bâtiment, il y a déjà plusieurs étages à l'isolement", raconte la jeune femme. Sur place, si un cas est suspect, c'est tout l'étage concerné qui est isolé le temps d'avoir le résultat. Et si un cas de Covid-19 est avéré, c’est deux semaines d’isolement stricte pour l'étudiant en question et tous ses voisins. Jemima assure qu'elle ne panique pas. "J'ai des pâtes, du thé, plein de nourriture. C'est une période très bizarre", confie-t-elle.

Des repas insuffisants et de mauvaise qualité 

La vie de confiné dans une petite chambre universitaire est difficile. Et, en plus, les repas fournis par l’université suscitent beaucoup de réactions. Plusieurs étudiants isolés ne reçoivent qu'un repas par jour, et selon certains, la qualité de la nourriture laisse à désirer, quand elle n'est pas périmée depuis 15 jours. Tess, une étudiante, a décidé de dénoncer la situation sur les réseaux sociaux en créant un compte twitter à l'intitulé évocateur : pollockprisoner

Pour l'étudiante, les conditions de vie dans la cité universitaire sont "inhumaines". C'est pour ça qu'elle a décidé d'en parler. Elle ne mâche pas ses mots : "Les prisonniers sont autorisés à sortir faire des exercices et reçoivent trois repas par jour, ce qui n'est pas notre cas. Donc nous payons pour un endroit pire qu’une prison en ce moment." Elle parle de "la prison la plus chère du Royaume-Uni", alors qu'en pension complète, l'année universitaire coûte près de 10 000 euros. "Ils nous ont fait venir ici pour une seule raison : prendre notre argent !", dénonce-t-elle.

La plupart des cours se font en ligne

La présence des étudiants sur le campus n'est pas une obligation, sachant que la plupart des cours sont en ligne, et qu'il s'agit le plus souvent de simples vidéos, sans possibilité d’interaction. Son masque sur le visage, Fransisco a parfois du mal à comprendre ce qu'il fait là. "Ce n’est pas exactement ce que nous attendions. Ça nous responsabilise encore plus : nous décidons seuls de travailler ou pas. Il faut se faire son propre planning", explique-t-il. Sur place, les fêtes, soirées ou tout type de rassemblement de plus de six personnes sont en outre interdits.

Sur le campus d'Édimbourg, la vie compliquée des étudiants - Le reportage Richard Place
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