''Un dépistage de masse, ce serait pas mal'' : dans le camp de migrants d'Aubervilliers, la crainte d'un nouveau foyer de contamination au coronavirus

Entre 700 et 1 200 personnes vivent dans ce camp, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, dans des conditions d’hygiène déplorables, sans masques disponibles ni accès au dépistage.

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Radio France
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Entre 700 et 1 200 personnes vivent dans ce campement installé au bord du canal Saint-Denis dans des conditions d’hygiènes déplorables.  (BENJAMIN MATHIEU / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Coincées entre deux cimenteries, des centaines de tentes au bord du canal de Saint Denis, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, forme un petit bidonville. Entre 700 et 1 200 personnes vivent dans des conditions d’hygiène déplorables. Ferit est afghan, il a 27 ans. ''Ici il n'y a pas de douches, pas de sanitaires, il n'y a rien'', soupire-t-il. Chomkan, Afghan lui aussi, vit dans ce camp depuis trois mois. La peur au ventre. ''Comment vous le dire poliment ? C'est vraiment la merde ici, indique-t-il. Toutes les nuits, il y a des bagarres, entre les Africains et les Afghans et puis on se fait menacer, voler ses affaires.''

Pas de masques ni de dépistage

La coronavirus, il en a bien sûr entendu parler. Mais dans ces conditions, comment respecter les gestes barrières ? ''Personne n’est venue nous donner d’informations, poursuit Chomkan, seulement de nous dire de porter un masque, mais on n'en a pas !"

Il y a quatre jours, j’ai vu un médecin à cause d’un rhume, il m’a seulement donné du paracétamol, sauf que maintenant, j’ai mal à la poitrine.

Chomkan

à franceinfo

Trois fois par semaine, Médecins du Monde vient pour une consultation médicale. La semaine dernière, plusieurs cas suspect de Covid ont été détectés. Une situation qui inquiète bien sûr les associatifs. Clémentine Briand, de l’association Utopia 56, travaille régulièrement sur ce camp. ''Un dépistage de masse, ce serait pas mal parce qu'ici il y a beaucoup de monde, explique-t-elle. Et la journée, ils se baladent...''

Tous les matins, l’Armée du salut distribue un petit déjeuner, à l’écart du camp. Marie Cougoureux, de la fondation, a dû repenser cette distribution avec la crise sanitaire : ''Maintenant, avec les procédures Covid, on distribue beaucoup de petits-déjeuners en portion individuelle sous plastique. Cela fait beaucoup de déchets mais on s'est engagés à les ramasser.'' Suite à une action des associations, le 5 juin, l'État a été condamné à distribuer masques et gel hydroalcoolique. C’est la Croix-Rouge qui s’en charge. Pourtant, dans le camp, quasiment personne n’en possède.

Quels gestes barrières dans un camp de réfugiés ? Ecoutez le reportage de Benjamin Mathieu à Aubervilliers
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