"Tous les jours, on a moins de moyens" : à Paris, enseignants et infirmières scolaires ont manifesté pour dénoncer la gestion de la crise du Covid-19

Alors que leur charge de travail a augmenté depuis le début de l'épidémie, les personnels de l'Education nationale s'estiment démunis et insuffisamment reconnus. Ils dénoncent aussi un manque d'écoute de la part de Jean-Michel Blanquer.

Article rédigé par
Valentin Houinato - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des infirmières scolaires manifestent aux côtés des enseignants pour une augmentation des salaires et contre la gestion du Covid-19, mardi 26 janvier 2021, à Paris. (THOMAS COEX)

Ce sont toutes les professions de l'Education nationale qui ont défilé dans les rues de Paris, mardi 26 janvier, pour demander de meilleurs salaires et conditions de travail ainsi qu'une meilleure prise en compte du Covid-19, répondant à un appel national. Parmi les manifestantes : des infirmières scolaires vêtues de couvertures de survie dorée. Un symbole signifiant "que l'on voudrait survivre et qu'on est en survie. On souffre, on souffre", crient-elles.

"Nos élèves, faut y penser"

Marie est infirmière dans un lycée des Yvelines et depuis l'arrivée du coronavirus, sa quantité de travail a doublé. Elle a décidé de faire grève et de manifester contre le changement de son statut et celui de ses collègues. "On ne reconnaît pas notre travail au quotidien, c'est quand même honteux. On a toujours été là pour répondre à toutes les demandes, même quand elles étaient en dehors des missions que l'on avait à la base. Et là, on nous dit 'au revoir, on n'a plus besoin de vous dans les établissements scolaires, on va vous rattacher au département'. Mais pour quoi faire ? Il faut penser à nos élèves." 

Lionel, lui, pense à ses élèves handicapés. Il est venu soutenir ses collègues qui accompagnent tous les jours ces jeunes-là : "Dans mon établissement on a une AESH [accompagnant des élèves en situation de handicap]. Elle a été arrêtée depuis le mois de novembre, elle n'a pas été remplacée. C'est tout bête, mais on a une personne pour 12 élèves, ça interroge."

"Du strip poker avec Blanquer"

Un manque de moyens que vit aussi Mélanie dans son école primaire des Hauts-de- Seine : "Comme c'est écrit sur ma pancarte, j'ai un peu l'impression tous les jours de faire un strip poker avec Blanquer. Que tous les jours, on a moins de moyens, mais qu'il faut continuer à avoir le moral."

"On ne nous a pas fourni de masques, on n'a pas été augmentés. L'autre jour, mon ordi était en panne, je n'ai pas pu bosser."

Mélanie, enseignante en primaire

à franceinfo

Pour limiter la propagation du virus, le président du Conseil scientifique propose d'allonger les vacances de février pour mieux rouvrir les écoles au mois de mars. Pas de quoi convaincre Fabien, professeur dans un lycée. "Le risque évidemment, c'est que si on prolonge des vacances comme ça pendant plusieurs semaines, le risque de décrochage de l'élève est plus important, pointe-t-il.Ce qu'on aurait voulu, c'est que depuis le mois de septembre, il y ait un vrai protocole sanitaire. Nous on demandait des allègements d'effectifs et le ministre, mordicus, il n'a rien voulu savoir et on voit qu'on fait depuis début septembre on un pas en arrière, deux pas en avant." 

La manifestation n'a pas pu aller jusque devant le ministère de l'Education nationale, rue de Grenelle. Les forces de l'ordre ont arrêté le cortège quelques centaines de mètres avant. Selon les syndicats, entre 30 et 40 % d'enseignants étaient en grève mardi, 11% selon le ministère de l'Éducation nationale.

Les personnels de l'Education nationale manifestent : reportage de Valentin Houinato
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