Tests anti Covid-19 obligatoires à la frontière franco-allemande : il faut "une dérogation pour les travailleurs frontaliers", plaide une députée de Moselle

Les Mosellans travaillant en Allemagne doivent désormais montrer un test PCR négatif toutes les 48 heures pour passer la frontière. Une mesure "inapplicable" et très coûteuse selon l'élue LREM Nicole Trisse.

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Radio France
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Un contrôle de la police allemande à la frontière franco-allemande à Sarrebruck, ville voisine de la Moselle, le 28 février 2021. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Alors que les 16 000 travailleurs transfrontaliers doivent montrer un test PCR du Covid-19 négatif tous les deux jours pour passer la frontière franco-allemande, la députée LREM de la Moselle, Nicole Trisse, plaide sur franceinfo pour "une dérogation pour les travailleurs frontaliers a minima", notamment ceux qui se déplacent chaque jour pour aller soit en Sarre, soit en Rhénanie-Palatinat, deux Länder allemands qui jouxtent la Moselle. "Les tests tous les 48 heures, ça revient vite et c'est vrai que cela va entraver la circulation des gens, rajouter des fortes contraintes dans le quotidien des frontaliers", explique la députée.

"Cela paraît difficilement applicable"

Nicole Trisse demande un ajustement du dispositif : "L'Allemagne, qui va bientôt se déconfiner - elle vit quand même confinée depuis la mi-décembre - doit être effrayée par la Moselle. Mais mettre tout le monde sous test toutes les 48 heures, du concept à la réalité, cela paraît difficilement applicable", insiste Nicole Trisse.

Le gouvernement fédéral allemand a classé le département de la Moselle au niveau 3 mais, ce qui signifie en principe "une fermeture des frontières pure et simple", indique la députée LREM. Mais les autorités allemandes ont pris en compte certaines réalités économiques : "Compte tenu des relations que nous avons dans ce bassin transfrontalier, où vous avez des travailleurs frontaliers, des couples binationaux et des familles allemandes qui résident en France, des familles françaises qui résident en Allemagne... On fait ses courses, on va chez le médecin comme si on était au sein d'un département français. Face à cela, Berlin a accepté de ne pas fermer la frontière", explique Nicole Trisse.

Les Allemands "sont tout aussi ennuyés que nous"

La députée de Moselle pointe aussi le coût que représente la réalisation de ces tests tous les deux jours. "Normalement, il est question que le gouvernement fédéral allemand propose des tests antigéniques sur les lieux d'emploi des travailleurs frontaliers puisque clairement, c'est quand même une décision avec des mesures qui viennent de Berlin, estime l'élue. Mais visiblement, ça ne se passe pas comme cela, parce que comme cette mesure a été rapide, brutale et prise dans le week-end, j'ai l'impression que c'est la pagaille aussi du côté des Länder allemands. En fait, ils sont tout aussi ennuyés que nous".

Pour ce qui est de l'indulgence des autorités, la députée LREM de la Moselle explique que les contrôles de police seront "aléatoires". "Ils ne devraient pas se faire au niveau de la frontière pour éviter des engorgements, l'Allemagne nous a assuré que cela se ferait à l'intérieur des frontières du pays. (...) Je pense que de toute façon, cela va être inapplicable et j'espère que le gouvernement fédéral se rendra compte qu'à un moment donné, il faut assouplir les choses", conclut Nicole Trisse.

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