Stations de ski : "Ce qui est en train de se passer, c'est la mise à mort de nos montagnes", affirme le maire de La Plagne

Le président du Club Med demande dimanche dans une lettre ouverte à Jean Castex une réouverture des stations de ski pour les vacances d'hiver.

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Radio France
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des télésièges arrêtés, à Chamrousse, près de Grenoble, le 7 janvier 2021. Photo d'illustration. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

La décision de rouvrir ou non les stations de ski doit être prise dans les jours qui viennent. Henri Giscard d’Estaing, le président du Club Med, demande dans une lettre ouverte à Jean Castex une réouverture pour les vacances d'hiver afin de "sauver" la montagne du "désespoir". "Ce qui est en train de se passer, la mise à mort de nos montagnes, il faut être derrière lui", a réagi dimanche 17 janvier sur franceinfo Jean-Luc Boch, maire de La Plagne-Tarentaise (Savoie), président de l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM) et président de France montagne.

franceinfo : Êtes-vous d'accord avec cet appel ?

Jean-Luc Boch : À 100%. Henri Giscard d'Estaing est quelqu'un de posé, de sérieux, et partir du moment où il commence à faire savoir à toutes les autorités ce qui est en train de se passer, la mise à mort de nos montagnes, il faut être derrière lui, l'écouter et l'entendre.

Le secteur de la montagne française est-il menacé ?

Oui, complètement. Si nous n'arrivons pas à ouvrir sur la période de février qui représente en général 40% du chiffre d'affaires, cela va avoir des conséquences dramatiques. Même s'il y a des compensations financières, on n'arrivera jamais à compenser la perte qu'il va y avoir. Le drame va être au niveau des employés, des personnels de stations, on parle de 50 000 à 100 000 personnes qui vont se retrouver minimum au chômage et de dizaine de milliers de commerçants qui auront tout perdu.

Est-ce que des entreprises et des villages vont être touchés ?

C'est pour cela que nous insistons lourdement pour expliquer à tout le microcosme économique ce qui est en train de se passer : c'est une mise à mort de la montagne française. Elle a mis 60 ans à se mettre en place et on va la tuer en quelques mois. Il ne faut pas penser qu'on s'en sortira indemne, la catastrophe va être présente et il faudra vivre avec. Personne ne pourra dire qu'on n'était pas au courant.

Est-ce la faute du gouvernement ou du Covid-19 ?

À l'origine, c'est la faute du virus, il ne faut pas se tromper non plus. Mais on a un système de santé, avec les ARS, qui doit être complètement revu. Aujourd'hui quand on nous parle de surfréquentation des hôpitaux, je vous invite à aller voir ce qui se passe réellement et à regarder la fréquentation des hôpitaux de montagne. Il y a 95% des blessés et des traumatisés du ski qui sont soignés dans les cabinets médicaux d'altitude. Aujourd'hui, ils sont en train de mourir parce qu'ils n'ont plus de clients. Dans les vallées, la moitié des hôpitaux n'ont personne. Les cliniques privées n'ont pas de travail.

Le gouvernement met en avant le problème des regroupements des personnes après le ski. Qu'en pensez-vous ?

On continue avec des effets d'annonce. À titre indicatif, la plus grande des stations françaises en capacité intrinsèque est de 25 000 à 30 000 lits. Cela ne représente même pas la moitié d'un petit arrondissement parisien. Où est le brassage de population ? En montagne ou dans les grandes villes ? C'est encore une des raisons absurdes qui a été mise en avant. Il va falloir que le pragmatisme soit de mise au niveau de notre nation.

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