Sommé de payer 7 000 euros de reste à charge, le fils d'une victime du coronavirus en appelle à Emmanuel Macron

Le père de Laurent est mort du coronavirus dans un hôpital parisien. Quelques jours après, son fils recevait la facture : 7 000 euros de reste à charge. Incapable de payer, sa famille risque le gel des comptes et la saisie. Cet habitant du Val d'Oise dénonce un acharnement et en appelle au président de la République.

Des personnels soignants à l\'hôpital Saint-Louis, le 28 mai 2020 à Paris.
Des personnels soignants à l'hôpital Saint-Louis, le 28 mai 2020 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

"Ils sont partis voter le 15 mars et quatre ou cinq jours après, on a eu les premiers symptômes, ma mère l’a eu et mon père aussi", raconte Laurent*. Son père, un retraité de 74 ans, mourra un mois plus tard du coronavirus, hospitalisé en clinique puis en réanimation à l’hôpital Saint-Louis, dans le 10e arrondissement de Paris. Sauf qu’il n’avait plus de mutuelle. Pour son fils Laurent, c’est injuste, il n’aurait jamais dû tomber malade. Désormais la famille craint d’avoir ses comptes bloqués et une saisie.

"Je viens de recevoir une relance. Somme restant à payer dans les 30 jours : 7 036 euros", soupire-t-il. "Une facture de 7 000 euros alors que c’est une pandémie... C’est beaucoup, 7 000 euros, surtout qu’on attend la deuxième facture. Il reste encore 17 jours que [mon père] avait passés dans une clinique. Et ma mère touche 560 euros de retraite, maintenant que mon père n’est plus là".

Laurent est chauffeur de bus, il ne peut pas aider financièrement sa mère. Son seul recours : Emmanuel Macron.

Le président avait dit à la télévision que [l'Etat] allait prendre à sa charge tous les frais d’hospitalisation, moi j’attends une réponse de sa part.Laurentà franceinfo

Si cette facture n’a rien d’illégale, il faut pourtant prendre en compte le contexte, explique son avocat, maître Benjamin Fellous."On se rend compte que des familles, en plus d’avoir perdu un proche, perte générée par toutes les carences commises par l’Etat quand on a des gens qui sont partis voter au premier tour des élections municipales, on ne leur a pas donné de masques, on leur a menti sur l’usage des masques on ne leur a pas fourni de tests", dénonce l'avocat. "La moindre des choses, c’est d’envisager une prise en charge et une indemnisation."

Maître Fellous a déjà enclenché des procédures administratives, mais cela devrait prendre du temps. Il demande aujourd’hui l’annulation immédiate de ces factures, quand selon lui l’Etat a été capable de payer le chômage partiel de riches footballeurs.

* Le prénom a été modifié 

Coronavirus : un reste à charge de 7 000 € - Ecoutez le reportage de Gaële Joly
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