RSA pour les non-vaccinés privés d'emploi : l'État "n'assume pas une allocation chômage déguisée", dénonce le président du département de la Nièvre

"On parle probablement de plus de 200 millions d'euros", a estimé ce dimanche sur franceinfo Fabien Bazin, président PS du Conseil départemental de la Nièvre. 

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Radio France
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Formulaire de RSA (Revenu de solidarité active) trismestrielle. (Photo d'illustration) (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)

Quinze présidents socialistes de département ont écrit vendredi 29 octobre au Premier ministre pour exprimer leur refus de verser le Revenu de Solidarité Active (RSA) aux Français privés d'emploi pour avoir refusé l'obligation vaccinale. Fabien Bazin, président PS du Conseil départemental de la Nièvre, et co-signataire de cette lettre, a reproché dimanche 31 octobre sur franceinfo, à l'État, de "prendre des décisions avec l'argent des autres" et de "ne pas assumer une allocation chômage déguisée". Les élus ont reçu un courrier des Caisses des Allocations Familiales les invitant à verser le RSA aux personnes qui se retrouvent, de fait, sans ressources.

franceinfo : Pour vous, c'est à l'État d'assumer le coût financier ?

Fabien Bazin : On parle quand même probablement de plus de 200 millions d'euros. C'est une somme. Mais au-delà même des questions d'argent, d'abord, il faut évidemment ne laisser personne sans aucun revenu. C'est la moindre des choses dans un pays civilisé. Et puis, surtout, il ne faut pas dévoyer les outils. Le RSA, c'est fait pour accompagner les gens en insertion, sur le chemin du travail. Là, le paradoxe, la schizophrénie, c'est de dire à des gens : "Vous avez un travail, on suspend votre contrat de travail et on va financer mal - 500 euros par mois ce n'est pas beaucoup - vos revenus avec le RSA."

Vous avez le sentiment que le gouvernement vous impose une mesure sans vous avoir concerté ?

Ce gouvernement ne nous consulte pas, ne consulte pas le territoire. Ce n'est pas la première fois. On vient de le faire avec la prime pour le feu pour les pompiers. On vient de le faire avec la revalorisation des salaires des aides à domicile qui était absolument essentiel et pour lequel on plaidait depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années. Mais à la fin, c'est toujours les départements qui payent. L'État prend des décisions avec l'argent des autres. L'État se trompe de véhicule et n'assume pas une allocation chômage déguisée. Le RSA n'est pas l'outil adapté à ces personnes-là. Elles doivent toucher un revenu bien évidemment. Cela ressort de l'allocation chômage. On les met de fait au chômage. Il y a des outils pour assumer. C'est de la compétence de l'État. Et le RSA, c'est un accompagnement difficile, complexe, souvent avec Pôle emploi, pour retrouver du travail, pour décrocher un contrat de travail. Donc, bienvenue en "absurdie".

N'est-ce pas l'occasion pour vous de manifester votre mécontentement contre le gouvernement ?

On est dans le droit. D'ailleurs, on va saisir François Sauvadet, le président de l'Association des départements de France, pour regarder juridiquement. Il faut que les choses soient claires. Nos concitoyens ont besoin de clarté, de savoir où on va, avec qui on y va, de ne pas mélanger les choses. On est dans une improvisation totale qui ne se retrouve pas que sur cette affaire du RSA et du pass sanitaire. Pour les aides à domicile, pour les sapeurs-pompiers, pour le Ségur de la Santé. Vous avez des gens aujourd'hui dans Nièvre qui relèvent du secteur médico-social, qui ne bénéficient pas de la prime Ségur dans le même service, en faisant les mêmes tâches parce que leur statut n'est pas le même. C'est absolument absurde. Plus personne n'y comprend rien.

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