Coronavirus : pour l'ONG Oxfam, "il faut un accord pour une mise en commun des brevets, des propriétés intellectuelles autour du futur vaccin"

"Aucun laboratoire n'a la capacité pour produire assez de vaccins pour l'ensemble de l'humanité. S'il n'y a pas de mise en commun une infime minorité de personnes aura accès à ce précieux sésame", dénonce le porte-parole d'Oxfam France. 

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Radio France
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Le logo de l'ONG Oxfam. (ANDY BUCHANAN / AFP)

Les pays riches ont réservé la moitié des futures doses de vaccins contre le coronavirus, selon un rapport publié par l'ONG Oxfam. Plus d'un milliard de doses ont été préachetées par un groupe d'États représentant 13% de la population mondiale. "Si on reste sur cette dynamique les deux tiers de la population mondiale n'auront pas accès à un vaccin avant 2022", a expliqué jeudi 17 septembre sur franceinfo Robin Guitard, porte-parole d'Oxfam France. "Il faut qu'il y ait un accord pour une mise en commun des brevets, des propriétés intellectuelles autour du futur vaccin", a-t-il plaidé également.

franceinfo : Que dénoncez-vous ?

Robin Guitard : Plus de la moitié des doses du futur vaccin ont été précommandées par une infime minorité des pays riches qui représentent 13% de la population mondiale, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, l'Union européenne, Israël, Hong Kong, l'Australie. Ce qui est grave c'est que si on reste sur cette dynamique les deux tiers de la population mondiale n'auront pas accès à un vaccin avant 2022 dans le meilleur des cas.

Tous les laboratoires sont-ils concernés ?

Il y a des laboratoires qui essaient d'être dans une posture un peu plus collaborative, mais pour nous ce n'est pas suffisant. Il faut qu'il y ait un accord pour une mise en commun des brevets, des propriétés intellectuelles autour du futur vaccin parce qu'aucun laboratoire pharmaceutique actuellement n'a la capacité pour produire assez de vaccins pour l'ensemble de l'humanité. S'il n'y a pas de mise en commun une infime minorité de personnes aura accès à ce précieux sésame. Cela n'a aucun sens d'un point de vue moral et sanitaire. Il faut pouvoir résoudre cette pandémie de manière collective. Si on garde des poches d'épidémie dans le monde c'est aussi l'économie mondiale qui va continuer à être à l'arrêt.

Qui doit porter ce bon sens commun ?

L'initiative Covax a été lancée par l'OMS et d'autres acteurs de la santé mondiale. Ils cherchent à mettre en commun la production de vaccins pour qu'il y ait une répartition juste et équitable. Ce qu'on demande ce n'est pas de privilégier les pays du Sud par rapport aux pays du Nord, c'est juste qu'on privilégie les populations les plus à risques. Les personnels soignants, les personnes âgées, les personnes qui ont des problèmes de santé.

Il faudrait 60 milliards de dollars pour garantir un accès universel et gratuit à l'ensemble de l'humanité. 

Robin Guitard, porte-parole d'Oxfam France

à franceinfo

La France vient d'annoncer un plan de relance à 100 milliards, donc 70 milliards c'est trouvable. Si on veut s'en donner les moyens on peut le faire.

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