Seine-et-Marne : le coup de gueule d’un maire contre une lettre anonyme visant une infirmière de sa commune

Patrick Chadaillat s'insurge sur Facebook de la lettre anonyme retrouvée par une infirmière de sa commune. La missive demande à la soignante d'habiter ailleurs le temps de l'épidémie. 

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Radio France
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Le maire de Vulaines-sur-Seine a vivement réagi sur Facebook à la lettre adressée à une infirmière de sa commune, l'invitant à quitter la commune le temps de l'épidémie de coronavirus.  (PATRICK CHADAILLAT / FACEBOOK)

"Une honte de mettre dans la boîte d’une infirmière cette lettre anonyme, je soutiens et je remercie toutes les infirmières qui font un travail remarquable pour sauver la population." Les mots sont signés Patrick Chadaillat, maire de Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), exaspéré : il a partagé mercredi 26 mars, sur son compte Facebook, une photo d’une lettre anonyme adressée à l’une de ses habitantes, infirmière, qui demande à l’administrée de "faire le nécessaire pour partir rapidement" de la commune en raison de sa profession, amenée à côtoyer des malades du coronavirus.

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"Madame, nous savons que vous êtes infirmière et nous vous remercions d’exercer ce beau métier, débute la missive anonyme. Néanmoins vous comprendrez notre inquiétude concernant les risques que vous faites prendre à la commune en côtoyant des gens contaminés. Nous vous demandons s’il serait possible que vous et votre mari alliez résider ailleurs pendant la durée de la contamination pour éviter de contaminer d’autres personnes et de faire vos courses en dehors de la ville."

"De nouveau bienvenus quand tout sera terminé"

Et la lettre de poursuivre : "Nous vous voyons régulièrement promener votre chien, est-ce que cela est raisonnable et vraiment utile en sachant que vous êtes en contact avec des personnes contaminées. Vous serez de nouveau bienvenus dans la ville quand tout sera terminé."

"J’aurais honte, madame ou monsieur, d’écrire cette lettre", réagit Patrick Chadaillat sur son post Facebook. Il dit avoir "contacté la police" et "demandé de relever les empreintes sur l’original".

Maire de la commune voisine de Fontainebleau et président de la Fédération hospitalière de France (FPF), Frédéric Valletoux s’est lui aussi indigné, sur le réseau social, de la lettre révélée par son collègue de Vulaines-sur-Seine : "La honte et le déshonneur n’ont décidément pas de limite. Écrire ça à ceux qui, alors que nous sommes tous confinés, prennent des risques au mépris de leur propre vie, pour soigner et sauver."

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Plusieurs soignants victimes d'actes de malveillances

Depuis plusieurs jours, des professionnels de santé, pourtant en première ligne dans la lutte contre le Covid-19, sont victimes de ce genre d’incivilités. En Bretagne, un message désobligeant a été glissé sur le pare-brise d’une infirmière par un voisin, rapporte France Bleu Breizh Izel, expliquant qu’elle avait "plus de risque d’être contaminée par le virus" et lui demandant de "ne pas se garer proche des autres voitures".

La jeune femme a répondu, sur Facebook : "Cela signifie donc qu'en tant que soignant il nous faut un garage pour garer notre voiture. J'espère que la personne à l'origine de ce message s'est désinfectée les mains après avoir déposé ce message sur mon pare-brise car étant donné que je suis considérée comme une pestiférée, je viens de changer mes essuie-glaces. Quelle est la prochaine étape de ces idioties ?"

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