Second tour des municipales : l'Association des maires de France "soutient à 100%" l'idée d'une double-procuration

"Ça nous paraît raisonnable, tout à fait contrôlable", assure sur franceinfo Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), à un mois du second tour des municipales.

Philippe Laurent, maire UDI de Seaux et secrétaire général de l\'Association des Maires de France, était l\'invité de franceinfo mardi 19 novembre. 
Philippe Laurent, maire UDI de Seaux et secrétaire général de l'Association des Maires de France, était l'invité de franceinfo mardi 19 novembre.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), a une "quasi-certitude d'avoir une opération qui soit très bien organisée sur le plan sanitaire" en ce qui concerne le second tour des élections municipales le 28 juin. L'élu affirme, mercredi 27 mai sur franceinfo, qu'il n'est pas favorable au vote par correspondance ni à la tenue de réunions publiques, mais qu'il soutient "à 100%" la possibilité de mettre en place des double-procurations pour les électeurs.

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franceinfo : Quelle est la position de l'AMF concernant l'organisation du second tour des élections municipales ?

Philippe Laurent : Le premier tour de l'élection a été organisé de manière relativement satisfaisante. Même s'il y a eu un certain nombre de gens qui ont pu être contaminés, en réalité beaucoup de précautions avaient été prises par les maires. Nous avons l'expérience de ce premier tour et je pense que pour le second tour, nous avons une quasi-certitude d'avoir une opération qui soit très bien organisée sur le plan sanitaire. D'autant plus que le ministre de l'Intérieur a proposé de nous accompagner et de prendre en charge une partie des coûts correspondants. Sur la question de la mobilisation et de la lutte contre l'abstention qui est le point principal, nous soutenons à 100% la décision qui a été prise par plusieurs sénateurs, Philippe Bas, Hervé Marseille, Bruno Retailleau, examinée aujourd'hui au Sénat, de pouvoir porter à deux le nombre de procurations par personne. Ça nous paraît raisonnable, tout à fait contrôlable. Nous avons un seul sujet de complexité en réalité, c'est le logiciel qui permet d'enregistrer plusieurs procurations pour le même votant. Aujourd'hui, le logiciel ne le permet pas, donc il va falloir travailler d'arrache-pied pour pouvoir le mettre à jour. C'est un problème technique, mais ça reste quand même un souci. En tout cas nous soutenons à 100% cette possibilité de double-procuration.

Et l'idée du vote par correspondance, qu'en pensez-vous ?

La France a connu ce mode de vote jusque dans les années 70. Il a été supprimé parce qu'il était susceptible de donner lieu à des fraudes. Ça serait une bonne mesure en effet. Malheureusement nous sommes trop près du jour du scrutin pour pouvoir le mettre en œuvre avec toutes les mesures de sécurité nécessaires. C'est un peu la même chose pour le vote électronique. Nous pourrions le concevoir, mais en fait nous sommes trop près. L'Association des maires de France sur le principe serait d'accord si l'on pouvait le faire. Mais nous ne sommes pas demandeurs de ce mode de vote qui nous paraît trop compliqué à mettre en œuvre d'ici un mois.

Est-ce que les réunions publiques ont été évoquées ?

Les réunions publiques ont été évoquées. Nous attendons de savoir ce que va nous dire le Premier ministre demain sur la possibilité d'accélérer le déconfinement. Mais quoi qu'il en soit nous ne pensons pas qu'il soit raisonnable de concentrer un grand nombre de personnes, disons plus de 10 ou 20, dans une pièce pour faire une réunion publique. Pour nous ce n'est pas quelque chose qui est souhaitable. Nous sommes dans une campagne de second tour. Nous ne sommes pas dans une campagne de premier tour où les listes se présentent. Les acteurs sont déjà connus, certains peuvent fusionner. C'est quelque chose qui est prévu par le Code électoral, quand vous avez fait un certain nombre de voix, vous pouvez fusionner avec une autre liste. Mais en général, ce sont les mêmes candidats et il n'y a pas une modification très importante des programmes entre le premier et le second tour. Je ne pense pas qu'il y ait besoin d'une campagne extrêmement active. Bien sûr c'est mieux, si l'on peut faire une campagne de terrain. Mais là on ne peut pas le faire. Il y a le numérique. Je pense que beaucoup de Français ont progressé dans le numérique pendant le confinement. Il y a quand même des contacts parce qu'on peut discuter dans la rue.