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Ryanair : "Il y a un risque que la situation de crise sanitaire soit utilisée pour fragiliser les salaires", selon le syndicat Force Ouvrière

Yves Veyrier, secrétaire général FO dénonce l'accord collectif proposé par la direction de la compagnie qui prévoit une baisse des salaires de 10 à 20%. "On est vraiment dans une volonté de l'entreprise de faire suer le burnous aux salariés", dénonce le syndicaliste.

En cas de rejet de l\'accord salarial par le personnel, la direction de Ryanair dit vouloir supprimer 20% de ses effectifs en France, soit 50 salariés.
En cas de rejet de l'accord salarial par le personnel, la direction de Ryanair dit vouloir supprimer 20% de ses effectifs en France, soit 50 salariés. (OLI SCARFF / AFP)

"Il y a là une sorte de comportement de prédateur", a dénoncé Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière, lundi 1er juin sur franceinfo, alors que la compagnie aérienne Ryanair demande aux syndicats de signer un accord collectif prévoyant la baisse des rémunérations des hôtesses, stewards et pilotes de 10% à 20%. Si une majorité du personnel ne signe pas, l'entreprise licenciera 20% de son personnel en France, soit 50 salariés.

"C'est une entreprise qui gagne beaucoup d'argent sur le moins disant social. Elle est basée à Malte, argumente Yves Veyrier. C'est une logique qui est véritablement de faire en sorte de profiter de cette situation. On est vraiment dans une volonté de l'entreprise de faire suer le burnous aux salariés", dénonce le secrétaire général de Force Ouvrière.

60 heures par semaine

"Il y a une petite chanson qui se met en place : il faut se retrousser les manches, accepter de travailler plus, de sacrifier de jours de repos, et puis de dépasser les 48 heures, c'est l'une des ordonnances du gouvernement, pour aller vers les 60 heures par semaine.", poursuit Yves Veyrier.

"Heureusement, toutes les entreprises ne se comportent pas comme ça", a nuancé le responsable syndical. "Mais il y aussi un effet d'aubaine. Il y a un risque que la situation de crise sanitaire soit utilisée, qu'elle soit détournée pour fragiliser les salaires. Je ne peux dire qu'une chose aux salariés : syndiquez-vous parce que nous allons avoir besoin de se défendre collectivement dans cette situation.