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Retour à l'école : "Il faut avoir le temps de le préparer en fonction des spécificités de chaque territoire", réclame Martine Vassal

Martine Vassal, présidente LR des Bouches-du-Rhône appelle le gouvernement à laisser la main aux collectivités locales pour gérer le retour à l'école des élèves.

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Radio France
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Martine Vassal, le 5 novembre 2019. (GERARD JULIEN / AFP)

"Il faut réussir le déconfinement et avoir le temps de le préparer en fonction des spécificités de chaque territoire", réclame Martine Vassal, présidente LR des Bouches-du-Rhône qui était favorable à une reprise de l'école en septembre. "Si nous ne réussissons pas ce déconfinement du mois de mai, nous aurons des difficultés pour la rentrée du mois de septembre", a-t-elle ajouté dimanche 26 avril sur franceinfo.

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"Le gouvernement traverse une crise très aiguë. On n'est pas là pour faire de la polémique, on est là pour sortir le plus vite possible de ce cauchemar", a indiqué Martine Vassal. "Il faut laisser faire les collectivités territoriales qui sont dans l'action et connaissent leur territoire et c'est comme ça qu'on arrivera à combattre le virus".

franceinfo : Vous avez fait part de votre opposition à la réouverture des écoles. Que pensez-vous du retour des enfants dans les écoles le 11 mai ?

Martine Vassal : Le 11 mai, ça me paraît très court, notamment avec un retour possible de tous les enfants à partir du 25 mai. Bien sûr j'appliquerai la loi et j'accompagnerai au mieux possible le processus de déconfinement des établissements scolaires. Mais je tiens quand même à alerter le gouvernement sur la rapidité et sur les mesures à prendre pour pouvoir reprendre dans de bonnes conditions. Nous sommes en train de préparer cette reprise en faisant un nettoyage des locaux en dotant ceux qui vont s'occuper des locaux de masques de gel hydroalcoolique et de savon. Nous proposons à tous les agents de pouvoir être testés. Ce qui est sûr, on a une franche opposition des parents d'élèves, des enseignants et des chefs d'établissement. Le gouvernement traverse une crise très aiguë. On n'est pas là pour faire de la polémique, on est là pour sortir le plus vite possible de ce cauchemar.

Quand le Conseil scientifique dit qu'il faut porter des masques, qu'il faut espacer les tables dans les classes etc. Ce n'est pas suffisant ?

Il faut y arriver. Laisser des enfants, même des collégiens, des sixièmes qui ont 11-12 ans avec un masque toute la journée, je ne suis pas sûre qu'on puisse y arriver. Qui va les contrôler ? Il y a une pénurie de matériel de protection. Comment la communauté éducative et les enfants seront protégés ? Où va-t-on trouver les masques ? Combien d'élèves vont revenir ? Qui va organiser les temps de la cantine ? Nous on a des collèges qui ont 600 élèves. Nous avons ouvert les établissements pour les enfants des soignants et des policiers. Pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas les choses de manière très progressive pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement que de reprendre leur activité professionnelle et continuer à accueillir leurs enfants. Nous avons ouvert 30 % de nos collèges. Il y avait une dizaine d'enfants par collège et ça a bien aidé certaines familles.

Il n'y a pas assez de concertation entre le gouvernement et les collectivités ?

Aujourd'hui, il faut laisser la latitude aux collectivités pour que les préfets puissent par territoire décider ce qui est le mieux pour leurs habitants. Ce qui est important c'est la santé. On est face à une crise sanitaire, sociale, humanitaire. C'est aussi une crise économique. Il faut réussir le déconfinement et il faut avoir le temps de le préparer en fonction des spécificités de chaque territoire. C'est là où nous demandons d'être associés aux décisions. Si nous ne réussissons pas ce déconfinement du mois de mai, nous aurons des difficultés pour la rentrée du mois de septembre. On n'est pas là en opposition, ce n'est pas de la polémique contre le gouvernement. Les enfants semblent moins porteurs du virus que les adultes, mais que vont devenir les enseignants qui sont à risque et qui ont avec eux des personnes qui sont aussi à risque. Est-ce qu'ils vont revenir travailler ? Tout cela en moins d'une semaine, c'est très compliqué à organiser. C'est une situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Il faut laisser faire les collectivités territoriales qui sont dans l'action et connaissent leur territoire et c'est comme ça qu'on arrivera à combattre le virus.

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