Restrictions contre le ski à l'étranger : "Ça ne nous console pas vraiment", affirme un élu savoyard qui réclame une date d'ouverture pour la mi-janvier

Le gouvernement envisage de prendre "des mesures restrictives et dissuasives" pour empêcher les Français d'aller skier hors de nos frontières, et notamment en Suisse, à Noël. "De toute façon, on ne joue pas à égalité", déplore sur franceinfo Guillaume Desrues, maire de Bourg-Saint-Maurice.

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Radio France
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La station de Serre Chevalier, dans les Hautes-Alpes, le 27 novembre 2020. Photo d'illustration. (CEDRIC MERAVILLES / MAXPPP)

"Cette mesure pour empêcher les gens d'aller faire du ski en Suisse ou en Autriche ne nous console pas vraiment (...) Nous ce qu'on veut, c'est une date d'ouverture pour la mi-janvier", a déclaré mardi 1er décembre sur franceinfo Guillaume Desrues, maire sans étiquette de Bourg-Saint-Maurice, commune située dans la vallée de la Tarentaise en Savoie qui prévoit de manifester mercredi pour demander l'ouverture des stations de ski. Les propos du maire ont été tenus en réaction à la déclaration d'Emmanuel Macron mardi qui affirme que la France pourrait prendre "des mesures restrictives et dissuasives" pour empêcher les Français d'aller skier à l'étranger à Noël alors que les remontées mécaniques restent fermées dans l'Hexagone jusqu'au 20 janvier (mais pas les stations de ski).

franceinfo : Avec ces propos, est-ce que le chef de l'Etat n'a pas définitivement douché vos espoirs ?

Guillaume Desrues : Ça fait déjà depuis la semaine dernière qu'il a douché nos espoirs parce qu'on avait eu un rendez-vous avec le Premier ministre le lundi matin et finalement le mardi soir il a dit l'inverse. Donc effectivement, cette mesure pour empêcher les gens d'aller faire du ski en Suisse ou en Autriche elle ne nous console pas vraiment. De toute façon, on ne joue pas à égalité.

"Quand on voit qu'à partir du 15 décembre, les cinémas et les musées vont rouvrir, il y a une grosse incompréhension de pourquoi et comment on se retrouve un peu mis au banc, au pilori presque, sur toute l'activité de loisirs de montagne."

Guillaume Desrues, maire sans étiquette de Bourg-Saint-Maurice

à franceinfo

Je tiens à préciser que Bourg-Saint-Maurice c'est la station des Arcs et depuis aujourd'hui, on a 500 personnes qui sont au chômage technique au niveau du domaine skiable. Imaginez, 500 personnes sur une population de 7 000 habitants […] Pour Noël, on comprend que ça va être compliqué [on a peu d'espoir de sauver la saison]. Nous, on veut absolument s'adapter. Mais par contre, qu'on nous donne des règles du jeu claires parce que là, on est vraiment dans le flou le plus total. On ne sait pas ce qu'on a le droit de faire ou pas. Nous ce qu'on veut, c'est une date d'ouverture pour la mi-janvier.

Que comprenez-vous quand le chef de l'Etat parle de mise en place de mesures restrictives et dissuasives ?

Je comprends surtout que c'est une gestion à la petite semaine. On veut dissuader les gens de venir respirer le bon air de la montagne. Ils se rendent compte que les maires des stations sur des territoires de montagne ont des contraintes assez importantes. Ils se rendent compte qu'ils ont fait une bêtise, qu'ils essayent de calmer un peu nos ardeurs en agitant le bâton comme ça mais ce n'est clairement pas la bonne solution. On sent vraiment qu'ils sont dépassés par les événements et qu'ils essaient d'éteindre l'incendie comme ça.

Que préconisez-vous comme solution ? Allez-vous arriver à Matignon le 11 décembre prochain [date de la clause de revoyure] avec peut-être d'autres propositions sur la table pour essayer de faire revenir le gouvernement sur sa décision ?

J'aimerais qu'on me dise déjà comment on peut accueillir les vacanciers ? On a énormément d'informations contradictoires, notamment sur l'accès à la neige et au domaine skiable. Vous prenez l'exemple des Arcs : vous avez 40 000 lits touristiques, alors c'est sûr qu'il n'y aura pas 30 000 personnes, mais on aura peut-être 6 000 ou 8 000 personnes qui vont venir, notamment dans les résidences secondaires et comment on fait s'ils n'ont pas accès à la neige sur le domaine skiable puisqu'on leur interdit ? C'est ce que nous disent les préfets. Et on nous interdit également de proposer des programmes d'animation. Avec quelle image ces vacanciers vont-ils repartir ? C'est le premier point. Le deuxième point, c'est d'avoir une visibilité sur une ouverture des stations. Parce que là, à la vallée de la Tarentaise, les gens ne savent pas où ils vont et je peux vous dire qu'une population, quand elle n'a pas d'objectif, pas de vision, c'est absolument catastrophique pour le moral.

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