Reportage Plus de malades mais moins de "soutien" : la Loire vit de plein fouet la deuxième vague du Covid-19

C'est désormais le troisième département où le taux d’incidence du coronavirus est le plus élevé. 950 patients y sont hospitalisés contre un peu moins de 500 au plus fort de la première vague. À Firminy, les soignants sont épuisés et les Ehpad de nouveau isolés.

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Ghislaine, infirmière à l'hôpital de Firminy (Loire), en novembre 2020. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

Le rituel est toujours le même depuis le début de l'épidémie de Covid-19 : quand Ghislaine arrive chez elle à Firminy (Loire), avant même d'embrasser son conjoint, l'infirmière passe d'abord par le garage. "Là, je pose mes affaires, mes chaussures, je laisse mon sac de travail, je me déshabille et je mets tous mes habits dans la machine à laver."

La peur de ramener le virus à la maison, ça ça n'a pas changé. En revanche, le bouleversement ces dernières semaines, c'est la situation épidémique dans la Loire. C'est actuellement le troisième département avec le taux d'incidence (nombre de cas positifs pour 100 000 habitants) le plus élevé de France.

Dans l'hôpital de Firminy ou travaillent Ghislaine, les patients sont cinq fois plus nombreux que lors de la première vague. "Il y en a beaucoup, beaucoup plus qu'en mars. Le personnel est impacté. J'ai plein de collègues qui tombent malades les uns derrière les autres. Il y a des médecins, des infirmières, des kinés, des secrétaires... tout le monde." Ghislaine fait une croix sur ses congés pour remplacer des collègues. La fatigue s'accumule. "Est-ce qu'on ne va pas tomber en burn out ? Pour l'instant, je tiens. Mais jusqu'à quand ?"

Au mois de mars, on avait beaucoup de soutien, on avait des dons... On ne recherche pas ça mais déjà, le merci, que les gens soient reconnaissants. Parfois, vous n'avez même pas un merci !

Ghislaine, infirmière à Firminy

à franceinfo

Nous quittons la maison de Ghislaine, direction le centre ville de Firminy, commune d'un peu plus de 17 000 habitants. "Il faut se battre pour tenir la tête hors de l'eau", confie Corinne Chomel, la directrice des deux Ehpad de la ville. Aucun cas lors de la première vague, une soixantaine ces trois dernières semaines. Et deux morts. Alors, elle a dû se résoudre à priver les résidents de visites : "Leur réannoncer qu'on reconfinait, ça, c'est très dur pour eux. Etre en chambre, il n' y a plus de perspectives, plus de rythme. Il n'y a plus que le repas qui rythme la journée, donc c'est difficile pour eux."

Corinne Chomel, directrice des deux Ehpad de Firminy (Loire), en novembre 2020. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

Impossible pour nous de rencontrer des résidents. Mais sur le parking de l'Ehpad, nous croisons Arlette, dont la mère vit dans l'un des Ehpad de Firminy. "Pour moi, c'est un cas un petit peu particulier parce que maman a 100 ans. Et comme elle est en fin de vie, ils me permettent de la voir. C'est vrai que les personnes sont très isolées. Alors pour maman qui est très âgée, c'est difficile." Familles, patients, soignants. Tous ont été sidérés ici, dans la Loire, par la violence de cette deuxième vague.

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