Réouverture des stations de ski : "C’est la survie de la montagne qui est en jeu", déclare le PDG du Club Med

Dans une lettre ouverte à Jean Castex, le président du Club Med demande une réouverture des stations de ski pour les vacances d'hiver.

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Radio France
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Henri Giscard d'Estaing, le PDG de Club Med, lors d'une conférence de presse à Paris, le 26 janvier 2017 (ERIC PIERMONT / AFP)

"C’est la survie de la montagne qui est en jeu", plaide le PDG du Club Med, Henri Giscard d'Estaing, sur franceinfo dimanche 17 janvier. Dans une lettre ouverte, il demande au Premier ministre Jean Castex de rouvrir les stations de ski pour les vacances d'hiver afin de "sauver" la montagne du "désespoir", face à un gouvernement inquiet des risques de propagation du Covid-19 du fait du brassage de populations. "Le 20 janvier, vous déciderez de la survie de la montagne française. C'est le destin de l'un des rares leaders mondiaux français, et de ses acteurs, qui est entre vos mains", écrit Henri Giscard d'Estaing, dont le groupe compte 14 Clubs en montagne.

franceinfo : Qu’attendez-vous de l’appel que vous avez lancé à Jean Castex ?

Henri Giscard d'Estaing : La montagne attend cette décision parce que c’est sa survie qui est en jeu. J'espère que cet appel sera entendu parce qu'au-delà de l'enjeu des vacances il y a un enjeu humain : 100 000 emplois saisonniers pour la montagne française en hiver. Des milliers d’autres emplois de moniteurs de ski, de remontées mécaniques, de commerces ou d’acteurs du bâtiment. Ils attendent avec impatience et inquiétude cette décision.

Quand aimeriez-vous voir les stations rouvrir ?

Il faut rouvrir bien avant le mois de mars. Je souhaite que les stations puissent rouvrir de manière organisée à partir de début février pour pouvoir accueillir des dizaines et des centaines de milliers de familles qui ont envie de profiter de ces paysages extraordinaires. Et si ce n’est pas le cas ce sera une grande épreuve. L’enjeu économique est considérable. L'activité de la montagne française en hiver, c'est près de 10 milliards d'euros. C'est donc un enjeu qui va bien au-delà des prochaines vacances. C'est l'enjeu de la capacité de notre pays à rester dans la course mondiale, dans ce domaine remarquable des sports d'hiver mais aussi un enjeu pour les sportifs aux Jeux olympiques d’hiver.

Le problème n’est pas tant de faire du ski mais de regrouper les personnes dans les stations ?

Il faut être lucide. La fréquentation des stations sera faible cette année si elles ouvrent en février. Parce que les réservations ne se sont pas faites. Donc, de toute façon, on n’a pas à craindre la foule. Tous les acteurs travaillent dans le même sens pour se préparer à assurer des vacances dans les meilleures conditions de sécurité en prenant les mesures nécessaires pour cela. Nous devrons rouvrir avec un protocole sanitaire extrêmement serré. Par exemple, nous sommes décidés à demander à nos clients de faire un test. Nous sommes prêts à rouvrir. Nous avons d’autres Club Med dans le monde avec une pratique importante de cette situation.

Nous sommes capables d’assurer les vacances dans de bonnes conditions de sécurité. C’est un écosystème fragile, une activité saisonnière qui demande un enrichissement considérable. Par conséquent, l'interruption de presque deux saisons, puisque la précédente avait été interrompue autour du 15 mars, serait une épreuve dont elle aurait beaucoup de mal à se remettre. Il faut assurer l’entretien des installations, les investissements et la formation des champions. Le savoir-faire d’une série d’entreprises très compétentes serait remis en cause. Nos 4 000 employés dans nos 14 Clubs en montagne attendent de travailler.

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