Réouverture des frontières : "L'Europe est aux abonnés absents", estiment les voyagistes, "le désordre règne"

Toutefois, ils assurent que les touristes pourront voyager en France et en Europe dans des conditions sanitaires sécurisées.

Des vacanciers sur le départ à la gare de Lyon (photo d\'illustration).
Des vacanciers sur le départ à la gare de Lyon (photo d'illustration). (OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP)

La réouverture des frontières en Europe "va se concrétiser par un retour des clients que je qualifierais de marginal, très loin des niveaux de réservations de l'année dernière à la même époque", a réagi mercredi 3 juin sur franceinfo Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du voyage, alors que l'Italie a rouvert ses frontières le jour-même.

"Ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que le désordre qui règne dans l'ouverture des frontières est le même que celui qui a régné dans la fermeture des frontières", déplore Jean-Pierre Mas : "L'Europe est aux abonnés absents et chaque pays décide d'ouvrir".

Mais pour qu'une frontière soit ouverte, il faut qu'elle soit ouverte des deux côtés. Si elle est ouverte d'un seul côté, ça ne marche pas. Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du voyageà franceinfo

La France a décidé d'ouvrir ses frontières dans l'espace européen le 15 juin. "Nous proposons à nos clients des voyages d'abord en France, bien évidemment, mais en Europe, à partir du 1er juillet", détaille Jean-Pierre Mas. "Ils peuvent partir en Europe à partir du 1er juillet. Les frontières seront ouvertes et la totalité des pays européens touristiques sera capable de les accueillir. Il y a encore un doute sur les relations avec la Grande-Bretagne puisqu'on est encore sur un principe de quatorzaine".

"Le secteur se porte bien" grâce aux "aides gouvernementales"

Le président des Entreprises du voyage assure qu'il "n'y a pas d'agences qui ont fermé et il n'y a pas de salariés qui ont perdu leur travail", à cause de la crise sanitaire. "On a une petite visibilité", assure Jean-Pierre Mas. Pour l'été 2020, il espérait "un chiffre d'affaires de l'ordre de 15% par rapport à 2019. Je pense que l'on va faire 25 ou 30% du chiffre d'affaires de l'an dernier, ce qui est quand même plus positif que 15%". Mais selon lui, "le secteur se porte bien parce qu'il y a été pris en compte par le gouvernement. Il y a eu des aides gouvernementales sur l'activité partielle, sur l'exonération de charges sociales, qui ont permis aux entreprises de résister". Mais il souligne que "cette résistance n'est pas éternelle. Et puis, on n'a pas envie de vivre de façon permanente, sous perfusion".

Jean-Pierre Mas entend par ailleurs "assurer la sécurité sanitaire des Français qui partent en voyage à l'étranger", notamment en Europe du Sud. "Je pense à la Grèce, Italie, l'Espagne, le Portugal, qui ont mis en place des protocoles sanitaires proches de ceux qui ont été mis en place en France dans les lieux d'hébergement des touristes. Ces protocoles sanitaires assurent la sécurité sanitaire des touristes. Donc on est plutôt rassurés". Le président des Entreprises du voyage regrette tout de même "quelques problèmes" qui restent sur les départements d'Outremer, "toujours fermés avec un système de quarantaine ou une raison impérative pour voyager. Ça, c'est une anomalie dans notre système", estime Jean-Pierre Mas.