Refus par le Premier ministre d'un RSA jeune : "Ils sont particulièrement frappés par la crise, c'est très surprenant", réagit le président de la Fondation Abbé Pierre

Jean Castex a écarté l'idée d'une revalorisation du RSA et de la création d'un revenu minimum pour les moins de 25 ans. Pour Christophe Robert, "les propos du Premier ministre résonnent durement".

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Christophe Robert, président de la fondation Abbé Pierre au palais de l'Elysée, le 17 octobre 2017 (photo d'illustration). (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le Premier ministre Jean Castex doit annoncer samedi des mesures pour venir en aide aux plus défavorisés très touchés par les conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus. Matignon réfléchit à faire des efforts sur les aides aux logements ou à l'insertion. Pour autant, pas question d'augmenter les minima sociaux, comme le Revenu de solidarité active (RSA) ou de créer un revenu minimum pour les personnes de moins de 25 ans qui n'y ont pas droit et que de nombreuses associations réclament. Sur franceinfo lundi 12 octobre, Christophe Robert, président de la Fondation Abbé Pierre a accueilli ce refus avec "beaucoup d'inquiétude", il y a pour lui actuellement, "des trous dans la protection sociale" à combler.

Les propos du Premier ministre résonnent durement parce que ça fait longtemps que l'on sait que les jeunes qui ne peuvent pas faire l'objet d'aide de la part de leur famille quand ils n'ont pas d'emploi, quand ils n'ont pas de formation, se retrouvent avec zéro euro de ressources.

Christophe Robert, président de la Fondation Abbé Pierre

à franceinfo

Ce refus n'a pas de sens pour le président de la Fondation Abbé Pierre, surtout "dans la situation que nous connaissons aujourd'hui", avec la crise sanitaire. "On sait que les jeunes sont particulièrement frappés par la crise. C'est très surprenant !", s'est-il étonné.

"Cette fin de non-recevoir est extrêmement préoccupante"

Face à ces demandes de création d'un RSA jeune, le gouvernement rétorque qu'il préfère mettre l'accent sur des dispositifs visant à insérer les jeunes professionnellement. "C'est ce que nous voulons tous et c'est ce que veulent les ménages, a répondu Christophe Robert. Mais le problème, c'est que si on n'a pas de solutions d'emploi pendant ce temps, il faut bien vivre, survivre dans les meilleures conditions que ce que nous connaissons aujourd'hui. Cette fin de non-recevoir est extrêmement préoccupante."

Christophe Robert s'insurge également contre un argument de l'exécutif, selon lequel une telle aide rendrait les jeunes dépendants des aides publiques : "C'est insupportable, ça fait dix ans qu'on entend ça. Ce qu'on voit à la Fondation Abbé Pierre, c'est des jeunes qui ont perdu un emploi ou qui ne l'ont pas eu à la sortie de leurs études." Le président de la Fondation Abbé Pierre explique que ces jeunes "sont en rupture familiale et ne peuvent pas avoir d'aide de la part de leur famille."

Quand ils viennent dans nos lieux d'accueil de jour, qu'ils sont parfois à la rue, on fait le point avec eux pour essayer de les accompagner, pour qu'ils se soignent, pour trouver un logement, pour qu'ils trouvent un emploi.Mais comment trouver un emploi quand on a zéro euro de ressources ?

Christophe Robert, président de la Fondation Abbé Pierre

à franceinfo

De plus, Christophe Robert redoute que de nombreux jeunes, dont les familles sont aussi touchées par la crise économique liée à la pandémie, ne se rajoutent à ceux qui sont en rupture familiale : "Mais on ressort un argument idéologique en disant 'Nous, ce qu'on veut, c'est de ne pas les faire entrer dans la vie adulte par l'assistanat'. Non, mais là, on parle d'aider à survivre, à vivre convenablement".

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