Rapatriement des Français de Wuhan : il faudra "les mettre en quarantaine, car ils peuvent être porteurs du virus sans avoir de symptômes", estime un spécialiste

Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, était l'invité de franceinfo lundi matin pour faire le point sur l'épidémie de coronavirus. 

Yazdan Yazdanpanah en janvier 2020. 
Yazdan Yazdanpanah en janvier 2020.  (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Alors que l'épidémie du coronavirus a déjà fait 80 morts en Chine, la France envisage de rapatrier les quelques 800 Français encore présents à Wuhan, l'épicentre de l'épidémie. "L'idée c'est de les mettre en quarantaine car ils peuvent être porteurs du virus sans avoir de symptômes", a déclaré lundi 27 janvier sur franceinfo, Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, directeur de l’Institut de l’infectiologie à l’Inserm et expert auprès de l'Organisation mondiale pour la santé. "Il ne faut surtout pas qu'ils passent à l'hôpital", a-t-il ajouté. Aujourd'hui on ne sait pas "si une personne qui est asymptomatique transmet la maladie ou pas. Pour le Sras c'était non. Pour le coronavirus, on pense que non, mais il faut être plus prudent. Il faut investiguer".

franceinfo : Comment vont deux des trois malades français qui sont rentrés en France et qui sont hospitalisés à Bichat ?

Yazdan Yazdanpanah : Ils vont bien, il n'y a pas de problème particulier. On les surveille, il faut attendre que l'ensemble des signes s'améliorent. On est toujours très prudents, mais ils vont pour le moment très bien. Je ne peux pas annoncer encore leur sortie, car il y a la guérison mais aussi la transmissibilité. On surveille leur état en isolement et on espère qu'ils vont aller beaucoup mieux et qu'ils seront guéris.

Il y a 800 Français qui sont en ce moment en Chine bloqués dans cette région de Wuhan, l'épicentre de l'épidémie. Comment va se dérouler leur retour. Vont-ils tous passer à l'hôpital ?

Il ne faut surtout pas qu'ils passent à l'hôpital parce ce que ce sont des personnes qui vont bien et qui n'ont pas de symptômes. L'idée c'est de les mettre en quarantaine car ils peuvent être porteurs du virus sans avoir de symptômes. Ils seront en quarantaine avec interdiction de voir d'autres personnes.

Ce virus se transmet plus facilement que le Sras qui avait fait 800 victimes en 2003, mais il est moins dangereux. C'est toujours le cas ?

Pour l'instant oui, même si chaque jour on apprend de nouvelles choses. Pour donner un ordre d'idée, une personne infectée par le Sras, en absence de mesures de protection, transmettait le virus à deux autres personnes. Avec le coronavirus, on transmet à deux et demi ou trois personnes. Il y a 80 morts pour 2 800 cas, ce qui fait une mortalité de moins de 3%, avec le Sras on était de l'ordre de 10%.

S'agissant des enfants, y a-t-il des spécificités ?

Il y a très peu d'enfants atteints. On ne sait pas pourquoi, on sait que ces personnes font des formes très peu symptomatiques. Ce qui est important de savoir, c'est si une personne qui est asymptomatique transmet la maladie ou pas. Pour le Sras c'était non. Pour le coronavirus, on pense que non, mais il faut être plus prudent. Il faut investiguer.