Prêts garantis par l'État : "On est en train de fabriquer des entreprises zombies, qui finiront par mourir", met en garde Arnaud Montebourg

"On est en train de surendetter toute l'économie, les entreprises n'ont pas besoin de dettes supplémentaires", estime l'ancien ministre socialiste.

Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste, entrepreneur, était l\'invité de France Inter vendredi 12 juin 2020.
Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste, entrepreneur, était l'invité de France Inter vendredi 12 juin 2020. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"On est en train de fabriquer des entreprises zombies, surendettées et qui finiront par mourir", a mis en garde l'ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, fondateur de la marque Bleu Blanc Ruche et ancien ministre de François Hollande, vendredi 12 juin sur France Inter, à propos des prêts garantis par l'État dans le cadre de la crise du coronavirus.

Jusqu’au 31 décembre 2020, les entreprises de toute taille peuvent demander à leur banque habituelle un prêt garanti par l’État pour soutenir leur trésorerie. "On est en train de surendetter toute l'économie, les entreprises n'ont pas besoin de dettes supplémentaires", a prévenu Arnaud Montebourg. Il faut, selon lui, "aller sur des fonds propres".

On a besoin d'un outil complètement nouveau : au lieu de faire des prêts, il faut faire des subventions dans les toutes petites entreprises.Arnaud Montebourgà France Inter

"Dans les PME, il faut faire ce qu'on appelle des 'obligations convertibles', c’est-à-dire que si vous ne remboursez pas le prêt, on le convertit en capital. Et là, les entreprises sortent renforcées de la crise", a expliqué l'ancien ministre socialiste.

Pour les plus grandes entreprises, "on pourrait imaginer que le ministre de l'Économie dise : 'les prêts, on les convertit en fonds propres, et ces fonds propres, ces participations, seront redistribués aux salariés'. C’est-à-dire qu'on peut amener les salariés à devenir copropriétaires de leur entreprise, participer à la gestion future et au redressement de leur entreprise (...) et puis pourquoi pas à la gestion dans les conseils d'administration là où c'est possible", a estimé Arnaud Montebourg.