Première messe en "drive-in" de France : "C'était magnifique", se réjouit l'évêque de Châlons, à l'origine de l'initiative

Chacun dans sa voiture a pu suivre via son autoradio la cérémonie de Mgr Touvet, l'évèque de Chalons, qui décrit un moment "magnifique" et "d'une joie profonde".

Plusieurs centaines de chrétiens sont venus assister à cette messe en \"drive-in\" sur le parking du parc des expositions de Châlons-en-Champagne.
Plusieurs centaines de chrétiens sont venus assister à cette messe en "drive-in" sur le parking du parc des expositions de Châlons-en-Champagne. (REMI WAFFLART / MAXPPP)

Alors que les églises sont fermées depuis deux mois en raison de l'épidémie de Covid-19, plusieurs centaines de chrétiens sont venus assister à une messe en "drive-in" sur le parking du parc des expositions de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, dimanche 18 mai. Chacun dans sa voiture a pu suivre via son autoradio la cérémonie de Mgr Touvet. Interrogé par franceinfo, l'évèque décrit un moment "magnifique" et "d'une joie profonde".

franceinfo : C'est une première en France ? Comment avez-vous eu cette idée ?

Mgr Touvet : Il paraît que c'est une première en France, effectivement. Cette idée est venue d'un travail avec mon conseil épiscopal il y a quelques jours lorsque nous avons essayé de faire le bilan des deux mois de confinement avec cette privation des cérémonies en public dans nos lieux de culte. Et en particulier la privation de la semaine sainte qui a été vraiment une épreuve toute particuière pour nous cette année. Nous nous sommes demandés comment accompagner les fidèles catholiques pendant ce déconfinement progressif. Et comme chacun a la liberté de sortir de chez soi sans attestation dans un rayon de 100 kilomètres, nous nous sommes dit : "Nous allons les rassembler, ils viendront en voiture, seront confinés dans leur voiture, nous serons tous réunis sur le même parking de trois hectares dans la ville de Châlons" et nous avons rassemblé plusieurs centaines de personnes ainsi dans leurs voitures.

Tout le monde pouvait suivre la messe sur les ondes locales de RCF. Comment se fait le lien à travers le pare-brise ?

Notre radio diocésaine transmettait le son, les lectures, l'homélie que j'ai prononcée, les prières rituelles, mais effectivement, c'était un peu difficile à certains moments parce que dans notre lithurgie catholique il y a des paroles qui accompagnent des gestes. C'était difficile de faire les gestes en simultané mais je voyais dans les premiers rangs des voitures les personnes derrière leurs pare-brises. Je voyais les personnes prier, chanter avec nous, élever les mains, joindre les mains, faire leur signe de croix. C'était très très beau, c'était magnifique, c'était plein d'une grande intensité et d'une joie profonde qui s'est surtout manifestée à la fin de la messe, lors de la sortie, quand nous avons pu saluer un peu toutes les voitures qui sortaient en klaxonnant pour imiter les cloches.

Les gens pouvaient communier en mettant la main sur leur vitre ?

C'est ça, c'était le moment délicat, nous avions prévu des règles très strictes. Toutes les personnes étant venues en voiture, quatre par voiture maximum et venant du même foyer se sont lavées les mains au gel hydroalcoolique dans la voiture. Chacun en avait apporté. Et nous, les prêtres, diacres et l'évèque, après avoir mis un masque, nous sommes lavé les mains au gel hydroalcoolique. Nous sommes passés le long des voitures, les gens tendaient la main à plat par les vitres ouvertes. Cela s'est très bien passé et je lisais dans les regards des personnes qui communiaient cette joie profonde d'enfin recevoir le corps du Christ, ce qu'elles n'avaient pas pu faire depuis deux mois.