Porte-à-porte, campagne numérique, annulation du premier tour.... Ce qui change si on vote en juin ou en janvier pour le second tour des municipales

Alors que le gouvernement doit annoncer sa décision au Parlement dans les heures qui viennent, la date du second tour des municipales est encore incertaine. Juin ou janvier, la cellule Vrai du Faux vous explique les conséquences de ce choix.

Une femme avec un masque en sortant d\'un isoloir le 15 mars 2020 à Bordeaux. 
Une femme avec un masque en sortant d'un isoloir le 15 mars 2020 à Bordeaux.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

Quand ira-t-on voter pour le second tour des municipales ? Paris, Lyon, Marseille et environ 5 000 autres communes n'ont pas encore de maire. Mercredi 20 mai 2020, le Premier ministre Édouard Philippe a indiqué aux différents responsables des partis politiques qu’il envisage deux options pour le second tour des municipales : soit en juin, soit en janvier prochain. Le gouvernement devrait dévoiler son choix dans les heures qui viennent. Mais qu'est-ce que cela change concrètement ? La cellule Vrai du Faux vous l'explique.

Si le second tour a lieu en juin, la campagne sera perturbée

L’organisation d’un second tour des municipales en juin est clairement inscrite dans la loi du 23 mars dernier, adoptée en urgence par les parlementaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 : le "second tour est reporté au plus tard en juin 2020". Cette date correspond à la période maximale permettant de conserver les résultats du premier tour de l'élection. En effet, le Conseil d'État a estimé que "le second tour doit se tenir dans un délai de trois mois". Si le gouvernement choisit cette option, on devrait connaître la date précise au plus tard le 27 mai, après le Conseil des ministres.

Évidemment, au vu de la crise sanitaire qui touche le pays, des garde-fous ont été mis en place. Le gouvernement doit notamment prendre en compte les recommandations du Conseil scientifique pour la tenue ou non et l'organisation de l'élection. Ce dernier, dans son rapport du 18 mai 2020, ne s'oppose pas directement à un second tour en juin mais appelle aussi "à tenir compte de la situation épidémiologique dans les 15 jours précédant la date décidée du scrutin"

Les scientifiques estiment aussi qu'une campagne électorale classique ne pourra pas avoir lieu avec un scrutin en juin. Interrogé par franceinfo le mercredi 20 mai, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, affirme qu'il n'y aura "pas de porte à porte, pas de réunions dans les marchés, de réunions publiques". Pour lui, "la campagne électorale devra être totalement différente de ce qu'on a observé jusqu'à aujourd'hui". Le Conseil scientifique avance notamment la piste d'une campagne "notamment à travers l'usage du numérique'.

Si le second tour a lieu en janvier, il faut tout recommencer

Si la situation sanitaire ne permet pas d'organiser le second tour en juin, le processus électoral devra reprendre depuis le début dans les communes n'ayant pas encore de maire. L'avis du Conseil d'État estime que si la crise du Covid-19 persiste et "rend impossible l’organisation du deuxième tour avant l’été, il appartiendra aux pouvoirs publics de reprendre l’ensemble des opérations électorales". Il faudra alors organiser un premier puis un second tour dans les 5 000 communes où les candidats n'ont pas obtenu la majorité absolue le 15 mars 2020.

Aussi, dans la cas où l'élection serait reportée en janvier 2021, les maires actuels devraient rester en place et assurer leurs fonctions jusqu'à cette date. Une loi viendra alors préciser les conditions de ces prolongements de mandats.

Si le second tour a bien lieu en janvier prochain, l'année 2021 sera chargée en élections puisque les Français seront aussi appelés aux urnes pour les élections départementales et régionales.