Port du masque en entreprise : "Il faut qu'on décide, qu'on arrête de tergiverser", estime l'association des directeurs des ressources humaines

Benoît Serre a réagi aux propos de la ministre du Travail dans le JDD. 

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Radio France
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Un homme qui porte un masque dans une entreprise.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Alors que la ministre du Travail Elisabeth Borne annonce dans le Journal du dimanche qu'elle veut rendre le port du masque obligatoire dans les entreprises dès la fin du mois d'août, le vice-président délégué de l'association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH) Benoît Serre assure dimanche 16 août sur franceinfo que "c'est déjà souvent le cas dans les circulations ou les salles de réunion". Mais s'il faut étendre encore le port du masque, Benoît Serres demande des décisions rapides : "Il faut qu'on décide, qu'on arrête de tergiverser"qu'on décide, qu'on arrête de tergiverser".

franceinfo : Selon vous, faut-il imposer le masque dans les entreprises ?

Benoît Serre : C'est déjà souvent le cas dans les circulations ou les salles de réunion. Si les annonces faites par Elisabeth Borne dans le "Journal du dimanche" se limitent à cela, ça ne devrait pas considérablement changer la vie des entreprises. (…) Dans beaucoup d'entreprises, déjà, dès lors que vous circulez, vous devez porter un masque. Beaucoup de réunions n'ont pas eu lieu, ou ont eu lieu avec des gens qui portaient un masque. Puis après, il y a le cas particulier des open spaces qui est quand même assez complexe parce qu'il semblerait désormais que le virus se véhicule par aérosol, ce qui fait que dans un open space si vous mettez des masques ou du plexiglas, ça ne change pas grand-chose. Donc, on attend surtout de savoir s'il y aura des demandes d'adaptation de nos locaux. Soit il y a un protocole gouvernemental qui s'impose à nous et dans ce cas-là, on devra adapter nos locaux à une vitesse record, parce que si c'est fin août-début septembre, ce sera quand même très fort. Ou alors, le gouvernement prend une sorte de décision pour demander aux entreprises d'adapter leurs locaux de manière à limiter la circulation du virus. Il faut qu'on décide, qu'on arrête de tergiverser, de présenter aux partenaires sociaux ceci ou cela. Ce sont des décisions de santé publique.

La ministre suggère d'augmenter les contrôles dans les entreprises. Est-ce une bonne idée ?

Dans cette même interview, Elisabeth Borne annonce des inspections, des contrôles, tout un tas de choses. Nous, on est plutôt partisans de continuer à faire confiance aux entreprises dans leur capacité à s'adapter. Elles le font depuis des mois. Pourquoi est-ce que soudainement elles deviendraient irresponsables en septembre ? (…) C'est pour ça que nous, on est plutôt partisans d'un protocole relativement léger qui donne des informations assez précises sur les mesures à prendre. Et en même temps, chaque entreprise est différente dans sa manière de produire, dans sa manière de s'organiser, dans ses locaux. Qu'on laisse les entreprises responsables et qu'on leur fasse confiance pour être capables de protéger leurs collaborateurs, qui est quand même l'un de leurs premiers objectifs.

Faut-il revenir au télétravail ?

Ça paraît logique. Quand Laurent Pietraszewski, le secrétaire d'État auprès de la ministre du Travail, avait dit que peut-être qu'il y aurait des masques tout le temps, mais que le télétravail devait être encadré, on ne comprenait pas très bien. Là, la ministre du Travail semble dire qu'on va revenir à un schéma où le télétravail est recommandé, dans les zones rouges en particulier, et je pense naturellement à la région parisienne, la région Rhône-Alpes, qui concentrent beaucoup de salariés. Le télétravail, les masques, le fait qu'on ne peut pas déjeuner tous ensemble à la cantine, qu'on ne peut pas circuler librement dans l'entreprise, que tous les moments de convivialité disparaissent, c'est ça qui pose des problèmes parce que ça empêche la réunification de l'entreprise. Maintenant, on fait avec la situation sanitaire qui nous entoure. Mais c'est sûr que ce ne sont pas les conditions les meilleures sur lesquelles on comptait pour le redémarrage de l'activité à compter du 1er septembre. Tout cela n'est pas une bonne nouvelle, mais les raisons sanitaires priment donc c'est très bien.

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