Reportage "Je ne céderai pas, je ne me ferai pas vacciner" contre le Covid-19 : à Toulon, des soignants mobilisés pour dénoncer le pass sanitaire

Dans la préfecture du Var, un nouveau samedi de mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de manifestants. Parmi eux figuraient de nombreux soignants opposés à l'obligation vaccinale qui leur est imposée.

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Des milliers de manifestants participent à la mobilisation contre le pass sanitaire à Toulon (Var), le 14 août 2021 (CHARLES-EDOUARD AMA KOFFI / FRANCEINFO)

"Le 15 septembre, on ne vous verra plus à Sainte-Musse, c'est ça ?", demande un manifestant à Amélie, faisant référence à la date à partir de laquelle les soignants devront avoir reçu au moins leur première dose de vaccin contre le Covid-19"Je ne sais pas encore, je n'ai pas pris ma décision", répond l'infirmière, qui manifeste contre le pass sanitaire, samedi 14 août, place de la Liberté à Toulon, blouse blanche sur le dos et badge de l'hôpital public de la ville sur la poitrine.

"Je trouve qu'on n'a pas assez de recul sur ce vaccin, j'attendais celui de Sanofi, mais je n'ai pas eu le temps", explique la soignante. Elle dit avoir "ressenti de la rage et de la déception" en entendant l'allocution d'Emmanuel Macron en juillet. Le chef de l'Etat avait alors annoncé l'obligation d'une vaccination complète pour le personnel soignant, au plus tard le 15 octobre. "Je ne suis pas contre le vaccin, je suis pour la liberté", affirme la jeune femme.

"Pour moi, ce vaccin est mortel"

Comme elle, quelque 22 000 manifestants, selon le décompte du ministère de l'Intérieur, ont défilé dans les rues de la préfecture du Var, en scandant souvent ce mot de "liberté" pour montrer leur opposition à l'extension du pass sanitaire à de nombreux lieux de la vie quotidienne, y compris l'hôpital. Les soignants sont nombreux dans l'agglomération toulonnaise, qui compte une dizaine de cliniques et d'hôpitaux. Certains ont foulé le pavé pour crier leur colère à l'encontre du sésame, mais aussi leur défiance envers les vaccins anti-Covid-19. 

"Je ne crois pas du tout en l'efficacité de ce vaccin, assène Ophélie. L'aide-soignante de 31 ans, qui travaille dans un établissement de santé de Hyères, manifeste en brandissant une pancarte "Comité du salut public", une évocation de la Révolution française et de la période de la Terreur. "Pour moi, ce vaccin est mortel, car il provoque de graves problèmes cardiaques, notamment pour les jeunes", argue la manifestante.

Des cas de myocardite et de péricardite ont certes été signalés dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. Cependant, même si l'Organisation mondiale de la santé a reconnu un lien "probable" entre certains vaccins contre le Covid-19 et ces rares problèmes cardiaques, elle a assuré que les bénéfices de la vaccination l'emportaient sur les risques.

Pour autant, Ophélie n'en démord pas : "Je ne vais pas avoir de salaire à partir du 15 septembre, mais je ne céderai pas, je ne me ferai pas vacciner." Comme Amélie, elle ne mâche pas ses mots contre le discours présidentiel du 12 juillet : "Je suis tombée de quinze étages. J'ai trouvé ça très violent et j'ai eu le sentiment de ne pas être comprise."

"Ce pass sanitaire m'a anéantie"

A ses côtés, Fabienne, soignante dans une ville voisine, s'offusque de l'instauration du pass sanitaire dans les établissements de santé. "C'est une privation de liberté individuelle et collective pour que le gouvernement nous contrôle", s'emporte-t-elle, disant s'inquiéter d'éventuels refus de soins à des patients qui n'auraient pas de pass sanitaire.

Une cadre de santé d'un hôpital de Hyères tient une pancarte lors de la manifestation contre le pass sanitaire à Toulon (Var), le 14 août 2021. (CHARLES-EDOUARD AMA KOFFI / FRANCEINFO)

Non loin de là, une cadre de santé du centre hospitalier de Hyères tient une pancarte où on peut lire : "Vaccinés ! Ou pas vaccinés ! On veut vous soigner !". Pour cette manifestante, qui souhaite se faire appeler "Mandy", le laissez-passer a été la mesure de trop. "Ce pass sanitaire m'a anéantie, j'ai eu l'impression que nos libertés ont été bafouées", confie-t-elle, alors que la manifestation s'achève en fin d'après-midi.

Bien que réticente, elle a reçu ses deux doses de vaccin. "J'ai fait cette vaccination à contre-cœur, déplore-t-elle. Je l'ai tellement mal vécue que j'ai dû avoir un suivi psychologique pour l'accepter", assure la cadre de santé. Selon elle, cette manifestation constitue une autre forme de thérapie. "Ça me fait du bien d'être ici et de voir cette solidarité. Ça me booste pour continuer à faire ce métier que j'adore."

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