Pass sanitaire : celles et ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner dénoncent "une double peine"

Alors que le Conseil constitutionnel se prononce sur l'extension du pass sanitaire, des personnes atteintes d'une maladie rare ou souffrant d'un Covid long ne peuvent pas être vaccinées, et veulent obtenir une dérogation au pass sanitaire. 

Article rédigé par
Jean-François Fernandez - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Carla Vergellati souffre de la maladie de l'homme de pierre. Recevoir une injection intra-musculaire transformerait son muscle en os et engendrerait de très graves complications. (MATHIEU PATTIER / OUEST FRANCE / MAXPPP)

Le Conseil constitutionnel doit valider ou censurer jeudi 5 août tout ou partie de la loi étendant, entre autres, le pass sanitaire aux cafés, restaurants, bars, et aux foires et salons professionnels. Des voix s'élèvent contre le dispositif, considérant qu'un certain nombre de Français en sont exclus. À l'image de personnes souffrant de pathologies rares, ne pouvant pas se faire vacciner. Ces malades exclus parlent de double peine. 

"Pas de vaccin, pas de vie sociale"

Carla Vergellati souffre de la maladie dite de l'homme de pierre. Pour cette jeune femme de 24 ans, résidente en Corse, toute injection intra-musculaire transforme le muscle en os, de façon irréversible, et accompagné d'extrêmes douleurs. Elle aimerait pouvoir bénéficier du vaccin pour se protéger des formes graves du Covid-19, mais cela aggraverait son état. Alors, pour elle, l'obligation du pass sanitaire sans dérogation serait une véritable catastrophe. 

"Comme pour toute personne dans mon cas, j'ai l'impression de subir la double peine. Celle de ne pas pouvoir être vaccinée et celle d'être interdite de toute vie sociale", estime-t-elle, même si elle pourra réaliser des tests antigéniques et PCR. "Je ne pourrai plus sortir, profiter de la vie."

"Mon quotidien se résumera à rester chez moi et à voir mes amis chez moi."

Carla Vergellati, atteinte d'une maladie rare

à franceinfo

Impossible d'entraîner et d'avoir un salaire

Annabelle Georges était une sportive de haut niveau avant de se voir diagnostiquer un Covid long. Là où les malades sont touchés quelques semaines, cette habitante de Haute-Savoie souffre depuis près d'un an. Incapable de rejouer au basket, elle n'a plus de salaire, a beaucoup de difficultés à payer son loyer et les médicaments qu'elle doit prendre, pas remboursés par la Sécurité sociale.

Vu son état de santé instable, une injection du vaccin la ramènerait plusieurs mois en arrière, au début de la maladie, quand elle ne pouvait pas marcher plus de dix minutes sans être épuisée. Annabelle commence à peine à refaire surface. Elle  peut marcher 40 minutes.

Pour elle, difficile de trouver un médecin qui lui fasse un certificat médical de contre-indication vaccinale. "À défaut de ne plus pouvoir faire de basket, j'entraîne en ce moment une équipe de jeunes", décrit-elle. "Sauf qu'à partir du 30 août, le pass sanitaire devient obligatoire pour les entraîneurs. Donc je ne sais pas comment ça va se passer pour moi." 

"Mon activité d'entraîneure était la seule qui pouvait moralement et psychologiquement me rendre un peu plus forte pour ma guérison. Et même ça, on va me l'enlever."

Annabelle Georges, sportive de haut niveau atteinte d'un Covid long

à franceinfo

Sa seule solution est de faire régulièrement des tests PCR, ce qu'elle fait déjà avant chaque hospitalisation. Mais cela deviendrait très contraignant. Annabelle Georges a décidé d'écrire un livre sur son Covid long, pour partager ses mois de galère à lutter contre le virus. 

À l'image de Carla et Annabelle, ils sont des centaines à parler de double peine et à interpeller sur leur situation. Carla Vergellati a publié une pétition sur change.org. Sollicité, le ministère de la Santé n'a pas répondu à notre demande d'interview.

Pass sanitaire : ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner dénoncent "une double peine" - Reportage de Jean-François Fernandez
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