Manifestation anti-pass : une équipe de journalistes de l'AFP agressée à Paris, son agent de sécurité blessé

Un homme cagoulé avec un mégaphone a déclaré: "C'est l'AFP, niquez-les ces fils de pute !" relate la journaliste agressée. A cet appel, au moins une cinquantaine de personnes se sont dirigées vers elle pour en découdre.

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Des manifestants contre le pass sanitaire et le pass vaccinal rassemblés à Paris, le 15 janvier 2022, lors d'une manifestation organisée par Florian Philippot, chef de file du parti Les Patriotes. (LAURE BOYER / HANS LUCAS / AFP)

Depuis la mise en place du pass sanitaire, et avec le débat autour du pass vaccinal, les violences visant les élus se multiplient. Mais les journalistes sont également visés. Une équipe de l'Agence France-Presse a été menacée de mort et agressée et un des agents de sécurité la protégeant blessé à la tête, samedi 15 janvier, à Paris, lors d'un rassemblement anti-pass vaccinal notamment organisé par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot.

L'équipe, composée de deux journalistes reporter d'images (JRI), était accompagnée de deux agents de sécurité afin de couvrir le rassemblement au départ de la place du Trocadéro, dans l'ouest de Paris. Après de premières prises de vues réalisées sans encombre, la situation s'est tendue après le départ du cortège au niveau du Palais de Tokyo, lorsque environ 150 personnes sont arrivées près de l'équipe.

Mégaphone et bras tendus

Un homme cagoulé avec un mégaphone a déclaré : "C'est l'AFP, niquez-les ces fils de pute !" relate la journaliste agressée. A cet appel, au moins une cinquantaine de personnes s'est dirigée vers elle pour en découdre. Les agents de protection se sont interposés, permettant aux deux JRI de prendre la fuite. Les agents de sécurité ont ensuite été frappés, notamment à coups de matraques, alors qu'ils protégeaient la journaliste, rattrapée par une vingtaine de manifestants.

Les gardes et les journalistes rapportent avoir été menacés de mort avant que l'un des agents de sécurité ne reçoive une bouteille sur la tête, lui ouvrant le cuir chevelu. Ces derniers et les deux journalistes ont finalement réussi à atteindre un cordon de gendarmerie mobile et à s'abriter derrière les forces de l'ordre. Ils ont dû cesser de couvrir le rassemblement.

Une partie des manifestants a été identifiée comme étant d'extrême droite par les journalistes de l'AFP. Une reporter a publié sur Twitter des photos montrant des manifestants bras tendus, précisant qu'elle n'avait pas pris ces clichés, mais qu'ils provenaient d'une discussion Telegram entre des militants d'extrême droite.

"Je vais te tuer, regarde-moi bien, je vais te tuer !"

"En six ans de manifestations, c'est la première fois que je vis une violence pareille", a témoigné la journaliste, choquée, notamment par les menaces de mort. "L'homme cagoulé à l'origine du mouvement m'a saisie en me disant 'Je vais te tuer, regarde-moi bien, je vais te tuer !'", raconte-t-elle. "Si elle était tombée, elle aurait été rouée de coups", ajoute son collègue vidéaste.

L'Agence France-Presse va déposer plainte lundi pour "violences volontaires en réunion", "menaces de mort" et "entrave à la liberté d'expression" après l'agression d'une de ses équipes lors d'un rassemblement anti-pass vaccinal à Paris, a annoncé son PDG Fabrice Fries. "L'AFP dénonce la banalisation des agressions, verbales et maintenant physiques, contre ses équipes et s'inquiète du nouveau degré de violence atteint." Une équipe de l'AFP couvrant des manifestations contre le pass sanitaire avait déjà été agressée en juillet 2021. Deux JRI avaient reçu crachats et injures lors d'une manifestation organisée par Florian Philippot.

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