Enquête France 2 Embauchés en urgence pour réaliser des tests Covid-19, des étudiants attendent d'être payés depuis avril

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Oeil du 20H
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France Télévisions

Près de 800 000 tests sont effectués chaque jour dans les laboratoires et les pharmacies. Pour les réaliser, il a fallu recruter en urgence de nombreux étudiants. Des mois après, certains attendent encore d'être payés.

Les étudiants en santé sont en première ligne sur le front du Covid-19. Depuis des mois, ils réalisent des tests de dépistage : antigéniques, PCR ou salivaires. Une main d’oeuvre bienvenue pour certains laboratoires, pressés de recruter... mais parfois beaucoup moins de payer.

Le salaire promis aux étudiants pour réaliser des tests de dépistage du Covid-19 est alléchant. Cela peut aller jusqu’à 35 euros nets de l’heure. Des étudiants que L'œil du 20 heures a rencontrés, en quatrième année de pharmacie, n’ont pas hésité.

En avril et en juin dernier, ils ont réalisé des tests salivaires. Depuis, ils attendent toujours leur salaire. Ils seraient une centaine dans ce cas là. "On me doit 1 500 euros depuis le mois de juin," déplore l'un d'eux. "Moi, 800 euros depuis le mois d’avril", "moi, 315 euros depuis le 29 avril" ajoutent deux autres étudiantes. Ils ont répondu à une offre d’emploi sur la plateforme internet “Juste un test”, qui les met en relation avec des laboratoires. Le site prend une commission, le laboratoire, lui, est censé rémunérer les étudiants. La plupart n’ont pas de contrat ; ils ont un statut d’auto-entrepreneur. 

"J’ai travaillé pour pouvoir me payer mes livres, ça me met en difficulté car je dois acheter mes livres assez rapidement et on ne me répond pas. J’ai l’impression qu’on a abusé de mon statut d’étudiant.”

Un étudiant en pharmacie

à L'œil du 20 heures

Nous avons contacté le site Juste un test. Il assure faire pression sur les laboratoires pour que les étudiants soient payés : “nous nous battons depuis des semaines pour que les étudiants soient rémunérés le plus rapidement possible par ces laboratoires avec lesquels nous avons travaillé.

Pourtant la loi est claire. Ces étudiants auraient dû être payés dans les 30 jours après leur prestation, selon le Code du commerce. Et si leur situtation n’est pas régularisée, ils comptent intenter une action de groupe en justice. “Ces labos, ils ont été payés par la Sécurité sociale," relève Maître Valentin Simonnet, avocat au barreau de Paris. "Il est temps aujourd’hui qu’ils paient ceux qui leur ont permis d’être là aujourd’hui, c’est à dire ces petites mains, ces étudiants en médecine, pharmacie ou santé.”

Le laboratoire concerné promet de régulariser les étudiants dans les prochains jours, malgré ces 4 mois de retard. Se faire tester en 15 minutes chrono, la promesse est tenue... pour les salaires, en revanche, le chrono tourne toujours. 

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